« Découragés », « stressés » ou « épuisés » : un bon tiers des salariés de l'hôpital et du médico-social en plein désarroi

Par
Anne Bayle-Iniguez -
Publié le 03/07/2018
centre medico social

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Crédit photo : S. Toubon

Le ministère de la Santé a officialisé lundi le lancement de l'observatoire national pour la qualité de vie au travail des professionnels de santé, alors qu'une nouvelle étude de l'assureur Sham dresse un état des lieux* accablant des conditions d'exercice des agents dans les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux. 

Présidé par le Pr Philippe Colombat, chef du pôle cancérologie-urologie du CHRU de Tours et connu pour ses travaux sur le management participatif, l'observatoire est un centre de ressources dont la mission est double : produire des outils opérationnels pour aider les professionnels à améliorer leur quotidien ; rassembler et diffuser la littérature et les bonnes pratiques par l'organisation d'un colloque annuel.    

L'étude de Sham démontre l'urgence de la situation et l'ampleur de la tâche. Avec une moyenne de 5,3 sur 10 (5,2 pour les agents hospitaliers), le niveau de satisfaction globale des agents sur leur qualité de vie au travail témoigne d'une réalité compliquée qui va en s'assombrissant. Deux tiers des agents (61 %) estiment que leur niveau de satisfaction a baissé dans les six derniers mois précédant l’enquête. 

L'enjeu de l'absentéisme

Plus d'un salarié sur cinq (21 %) dénonce des conditions de travail insatisfaisantes (note inférieure à 4 sur 10). Le volume de travail, l'urgence des tâches et les activités répétitives sont les trois premières contraintes citées par les agents. Un gros tiers d'entre eux confessent débuter leur journée « découragés » (35 %), « stressés » (34 %) ou « épuisés » (33 %). Seuls 26 % d'entre eux disent être motivés pour se rendre au travail le matin en se levant.

En 2017, les absences au travail pour raison de santé représentent 13 agents absents (sur 100 employés) tout au long de l'année, dont une majorité pour maladie ordinaire. L'assureur Sham fait le lien entre l’amélioration de la qualité de vie au travail et la régulation des absences pour raison de santé. L'enjeu est également économique : charges patronales incluses et hors frais médicaux en accident du travail, les absences au travail pour raison de santé représentent un coût moyen annuel pour l'employeur de 3 400 euros par agent employé. 

* Questionnaire de Sofaxis et Neeria auprès de 9 100 agents employés dans 40 établissements de santé, sociaux et médico-sociaux sur la perception de leurs conditions de travail, entre 2015 et 2017.


Source : lequotidiendumedecin.fr