Grâce au travail aidé et à la délégation de tâches, les ophtalmos voient l'horizon s'éclaircir

Par
Marie Foult -
Publié le 25/01/2019
ophtalmologie

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Crédit photo : PHANIE

À l'heure où les syndicats de médecins libéraux négocient avec l'Assurance-maladie sur le financement d'assistants médicaux, les ophtalmologistes montrent l'exemple ! Le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF) a salué ce vendredi le bilan très positif du travail aidé mis en place dans la spécialité depuis près de dix ans.

Actuellement, 60 % des ophtalmologistes libéraux travaillent en équipe, une proportion qui a doublé depuis 2015 et la publication du rapport Voynet (qui plaidait pour le soutien à la délégation de tâches avec les orthoptistes). Ce travail aidé dans les cabinets d'ophtalmologie se fait principalement avec des orthoptistes salariés (35 %) et libéraux (17 %) et, dans une moindre mesure, mais avec des infirmières et des opticiens.

Grâce à ce fonctionnement, le SNOF – qui représente les deux tiers de la profession – estime que les ophtalmologistes libéraux ont vu 2,9 millions de patients supplémentaires entre début 2015 et mi-2018. Pour la seule année 2017, près de 1,3 million de patients supplémentaires ont été examinés en ophtalmologie libérale, chiffre supérieur à la croissance « naturelle » de la demande (estimée à 500 000 patients par an).

Des résultats spectaculaires dont se réjouit le Dr Thierry Bour, président du SNOF. « Nous avons la capacité de résorber les délais d'attente. Le travail aidé avec un orthoptiste fait augmenter d'environ 30 % l'activité d'un médecin ophtalmologiste », calcule le spécialiste messin. Et cela ne devrait pas diminuer puisque le nombre d'orthoptistes doit augmenter de 340 par an dans les prochaines années. 

Dans le cadre d'une délégation de tâches avec l'orthoptiste, ce dernier s'occupe de la première partie de la consultation : il installe le patient, l'interroge sur ses antécédents, ses médicaments, prend la mesure des verres et de la réfraction. Il réalise aussi des actes délégués, des examens tels que l'OCT (tomographie par cohérence optique), des photos du fond d'œil et des actes de dépistage. L'interprétation revient au médecin.

50 postes en plus à l'internat

Si ce fonctionnement porte ses fruits, cela ne suffit pas encore pour atteindre le « zéro délai d'attente » dès 2022, estime le Dr Bour. Le SNOF réclame à cet effet 50 postes d'internes supplémentaires par an aux ECN et 100 terrains de stage en libéral en 2020. En 2018, 155 postes avaient été ouverts, pour 25 terrains de stage en ville.

Couplées à la très forte implication des ophtalmos de plus de 65 ans (plus d'un millier en 2018), « ces mesures devraient permettre d'améliorer l'accès aux soins et de combler les trous dans la démographie de la spécialité à partir de 2024 », espère le président du SNOF.

Le délai moyen pour obtenir un rendez-vous pour un contrôle périodique est encore de 80 jours chez l'ophtalmologiste. Le syndicat mise enfin sur l’exercice multi-site (prisé par 80% des jeunes installés) et la prise de rendez-vous en ligne pour « optimiser les plannings ». Le SNOF a signé un partenariat avec Doctolib et Alaxione, deux plateformes de prise de rendez-vous. « 1 800 médecins sont déjà inscrits, soit un tiers des ophtalmologistes, nous espérons passer aux trois-quarts en 2020 », conclut le Dr Thierry Bour. Depuis 2014, on recense par ailleurs 80 nouveaux ophtalmologistes étrangers par an en moyenne (dont une cinquantaine venant de l'Union européenne).

 

 


Source : lequotidiendumedecin.fr