« 5 choses à savoir sur le suicide des médecins », des chercheurs canadiens décryptent le phénomène

Par Dr Irène Drogou
Publié le 09/05/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
suicide medecins

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Crédit photo : CMAJ

Deux médecins canadiens, un psychiatre, le Dr Joy Albuquerque, et un généraliste, le Dr Sarah Tulk, publient dans le « Canadian Medical Association Journal » une fiche en 5 points sur le suicide des médecins.

Point n° 1, le suicide est un risque professionnel pour les médecins. Les auteurs rapportent que le suicide « est la seule cause de mortalité qui est plus élevée chez les médecins que les non-médecins ». Par rapport aux non-médecins, les femmes sont plus exposées avec un risque doublé alors que les hommes ont un risque augmenté de 40 %.

Point n° 2, les armes à feu sont la méthode la plus fréquente pour mettre fin à ses jours, comme les non-médecins. En revanche, ils utilisent plus souvent les médicaments (benzodiazépines OR 21,0, barbituriques OR 39,5, antipsychotiques OR 28,7) et les chocs violents.

Point n° 3, les idées suicidaires apparaissent tôt dans le cursus, dès la faculté. Aux États-Unis, une méta-analyse de 2016 a estimé à 11,1% la prévalence des idées suicidaires parmi les étudiants en médecine. 

Point n° 4, les réclamations avec les autorités de régulation sont associées à un risque augmenté d'idées suicidaires, le risque serait triplé selon une étude britannique.

Point n° 5, les médecins suicidaires sont confrontés à des difficultés d'accès aux soins qui leur sont propres. Outre le manque de temps et la peur de la stigmatisation qui sont des barrières partagées avec la population générale, les médecins sont inquiets au sujet de la confidentialité et ont peur d'être discriminés par leurs confrères, leurs employeurs et les autorités de contrôle.

Dr Irène Drogou

Source : lequotidiendumedecin.fr