Comment aborder un patient en situation de précarité ? - Bien gérer vos consultations aujourd'hui

Comment aborder un patient en situation de précarité ?

25.11.2016

État des lieux

Les patients en situation de précarité ont des préoccupations sociales qui peuvent prendre le pas sur celles de la santé, avec même un risque de démédicalisation. Aussi, quel que soit son motif, la consultation médicale est l’occasion pour un médecin de motiver le patient à prendre soin de sa santé dans le cadre d’un projet de vie global. C’est aussi l’opportunité de procéder à un dépistage des maladies chroniques (cardiopathies, diabète, cancers…), sans oublier l’obésité et la malnutrition. 

Motiver et dépister

Un tel dépistage fait appel à d’autres professionnels de santé. En cas de pathologie complexe, sachant qu’un patient sorti du système de soins ne se rendra probablement pas à des rendez-vous multiples, des bilans peuvent être réalisés en hôpital de jour. Pour autant, prendre ainsi appui sur des structures de soins ne signifie pas se défausser et donner ainsi au patient le sentiment que « l’on veut se débarrasser de lui ».
 
Le patient peut-il assumer le coût des soins ?

Les patients disposant de la couverture maladie universelle (CMU) sont couverts à 100 % et sans avance de frais pour les consultations médicales, les actes paramédicaux prescrits, les examens complémentaires et les médicaments remboursables. Les dépassements d’honoraires sont interdits sauf en cas de visite à domicile ou en dehors des horaires habituels(1). De nombreux patients précaires n’ont toutefois pas la CMU, soit par effet de seuil (ressources juste au-dessus du seuil d’attribution), soit parce que leur désocialisation et leur démédicalisation sont telles qu’ils n’ont même pas l’idée d’en faire la demande.
Dans de tels cas, la plupart des médecins font régulièrement des actes gratuits, mais il faut aussi penser au coût des examens complémentaires et des médicaments. Il convient par conséquent de privilégier les mesures non médicamenteuses, d’adapter le traitement aux possibilités financières (classes thérapeutiques, génériques), de proposer un protocole ALD (affection de longue durée) le cas échéant, d’orienter vers des structures publiques et, bien sûr, d’encourager le patient à demander la CMU si ce n’est déjà fait(2).
Enfin, il est utile de pouvoir proposer les coordonnées d’un organisme d’assistance sociale.
 
 
Nous remercions le Pr Jean-Daniel Lalau, médecin nutritionniste à Amiens, praticien hospitalier, pour sa précieuse collaboration.
 
 

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