Allergie aux acariens, le parcours du patient - Cap Allergie

Allergie aux acariens, le parcours du patient

25.11.2016

État des lieux

Les acariens représentent le premier allergène en cause dans l’allergie, qui peut se manifester sous forme de rhinite, de conjonctivite, d’asthme ou encore d’eczéma sévère. Le point sur les démarches diagnostiques et les modalités de prise en charge. 

L’allergie est la quatrième maladie au niveau mondial. En France, 30 % de la population souffre de rhinite allergique dont 6 % avec un asthme associé, liée aux acariens dans plus de 50 % des cas.

Quand y penser ?

Une allergie aux acariens doit être évoquée face à un patient qui présente des symptômes d’allergie permanents, durant plus de six semaines, classiquement toute l’année (évolution perannuelle).

Quels sont les réservoirs d’acariens ?

Il existe de très nombreuses espèces d’acariens, mais deux types d’acariens dits « de poussières de maison » constituent les principales sources d’allergie en France : Dermatophagoides pteronyssinus et Dermatophagoides farinae.
Le principal réservoir est le matelas, suivi du sommier (tapissier), des oreillers, draps, couvertures, couettes, coussins, puis de la moquette, des tapis, canapés et peluches.

Les autres facteurs de risque

Les enfants sont les plus exposés en raison de leurs habitudes de vie et, si l’allergie survient plutôt après l’âge de 3 ans, l’évolution actuelle se fait vers la survenue de plus en plus précoce des manifestations allergiques.
Plusieurs facteurs interviennent dans le risque de développer une allergie :
– des facteurs génétiques : le risque de développer une allergie est de 20 % en l’absence d’antécédents familiaux, de 40 % si un des parents est allergique, de 60 % si les deux parents le sont et de 80 % si les deux parents ont la même allergie ;
– les variations hormonales : à chaque période clé (phases de croissance de l’enfant, adolescence, grossesse, ménopause), l’allergie peut évoluer vers l’aggravation ou l’amélioration ;
 – des facteurs environnementaux : la pollution fait le lit de l’inflammation qui fait, elle-même, le lit de l’allergie. L’environnement intérieur est huit fois plus pollué que la rue et plus le temps passé en intérieur augmente, plus le risque d’allergie aux acariens s’accroît, d’autant plus en cas d’exposition à la fumée de tabac ;
– le recours aux antibiotiques et, plus globalement, un environnement trop aseptisé.
 

Les éléments du diagnostic

C’est en général la plainte du patient qui motive une consultation car les symptômes ont souvent un retentissement important sur la qualité de vie : signes de rhinite ou de conjonctivite allergique, d’identification en règle facile, toux sèche, « difficulté à remplir les poumons », qui doivent faire évoquer un asthme alors que les sifflements ne sont pas toujours présents.
La prescription d’un traitement symptomatique permet de faire un test thérapeutique : antihistaminique par voie orale ou locale, bronchodilatateur en cas d’épisodes de gêne respiratoire.
Des mesures d’éviction des acariens sont préconisées (voir encadré).
Le bilan complémentaire comprend un test d’orientation diagnostique de type Phadiatop®, dont la sensibilité est de 98 %. En cas de positivité, il est complété sans nouvelle prise de sang dans le mois suivant par le dosage des IgE spécifiques aux acariens (D1, D2) et, éventuellement, des IgE spécifiques aux animaux domestiques.
Si les tests sont négatifs mais la suspicion clinique forte, le patient peut être adressé à l’allergologue pour faire des tests cutanés ou de provocation par voie nasale.
Il n’y a pas de limite inférieure d’âge pour la réalisation des tests.
 

La prise en charge

La conduite à tenir dépend de la gêne ressentie par le patient.
S’il est soulagé avec un traitement symptomatique peu intense et que sa qualité de vie n’est pas altérée, les mesures d’éviction des acariens et le traitement à la demande sont poursuivis.
Si le patient est très gêné ou s’il présente un asthme, il doit être adressé à l’allergologue pour une désensibilisation, qui est efficace dans 60 à 70 % des cas.
 

La désensibilisation

La désensibilisation a pour objectif de stabiliser l’asthme, d’améliorer la qualité de vie, de réduire le traitement médicamenteux et le risque de survenue de nouvelles sensibilisations. Elle peut être commencée dès l’âge de 5 ans.
Il s’agit d’une option thérapeutique efficace dans deux tiers des cas environ, qui peut être interrompue en cas d’échec la première année.
Elle doit, sinon, être poursuivie au moins quatre ans, idéalement cinq ans.
La voie sous-cutanée et la voie sublinguale présentent une efficacité comparable (la forme en comprimé n’est pas encore disponible) et le choix se fait en accord avec le patient, en fonction de ses préférences et de ses capacités d’observance.
Pour la voie sublinguale, il n’est plus demandé d’être à jeun ni de prendre le traitement à heure fixe. Les flacons non entamés doivent être conservés au frais, mais le flacon en cours d’utilisation peut être conservé à température ambiante (≤ 26 °C) pendant un mois (durée de la stabilité du liquide).
La mesure de l’efficacité de la désensibilisation se fait à l’aide d’un score clinique (score PAREO). Une amélioration nette peut être observée dès deux mois après le début, parfois six mois chez certains patients.

Quand recourir au CMEI ?

Un conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) peut intervenir sous prescription médicale (frais pris en charge par la mairie) pour un patient très gêné, dont les symptômes sont rythmés par son retour à domicile, notamment en cas de problèmes d’humidité. Pour contacter le CMEI de votre région, rendez-vous sur le site : cmei-france.fr.

Dr Isabelle Hoppenot
 
D’après un entretien avec le Dr Claire Bailliez, allergologue. 

À retenir

Les mesures d’éviction au domicile

Il importe de ne pas perdre le patient dans des détails.
- Housse recommandée par l'Association Française pour la Prévention des Allergies (AFPRAL), éviter les sommiers tapissier, les couvertures et les plaids.
- Aérer deux fois par jour pendant au moins 15 min (idéalement par temps sec et froid) et maintenir une température intérieure entre 18 et 20 °C.
- Laver les draps une fois par semaine, de temps en temps à 60°, les coussins et couette tous les 3 mois.
- Éviter la venue d’animaux dans la chambre.
- Éliminer des moisissures.
- Mettre régulièrement les peluches au congélateur pendant 24 h et les passer ensuite en machine pour éliminer les cadavres d’acariens.
- Passer l’aspirateur (modèle avec un filtre HEPA) une fois par semaine.
- Proscrire les appareils de nettoyage à vapeur.
 

l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter