Les seniors, une population à risque de déficit immunitaire et de carence en vitamines et minéraux - Les défis de la nutrition

Les seniors, une population à risque de déficit immunitaire et de carence en vitamines et minéraux

09.11.2015
©Fotolia
Les défenses immunitaires s’articulent autour de trois types de cellules : les macrophages, en première ligne dans la destruction des bactéries et virus, les lymphocytes B qui sécrètent les anticorps et les lymphocytes T, impliqués dans l’immunité cellulaire. Avec l’âge, les capacités de défense du système immunitaire diminuent, fragilisant le senior et le sujet âgé, ce qui se traduit, notamment, par une moindre résistance aux infections et par une durée de récupération plus longue (1). C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est recommandé aux sujets âgés de se faire vacciner contre la grippe et de renforcer leurs capacités de défense immunitaire par une alimentation équilibrée et suffisante, une activité physique régulière et, si besoin, de prévoir des compléments alimentaires.

Les capacités de défense immunitaire sont en effet optimisées par un apport suffisant en vitamines, notamment en vitamines C et D, en antioxydants et en fer (2).


Évaluer les risques de carence en pratique

En pratique quotidienne, il est donc important d’évaluer les risques de déficience à l’aide de quelques questions simples, et ce, chez les seniors et personnes âgées en bonne santé comme chez ceux qui sont en voie de fragilisation ou en perte d’autonomie.
Un déficit d’apport en vitamine C est probable si le patient mange moins de deux fruits par jour et peu d’agrumes et de kiwis.
Une déficience en vitamine D est suspectée chez les sujets ne consommant quasiment jamais de poisson gras (sardine, saumon, maquereau, hareng), ni de laitages enrichis en vitamine D, a fortiori si ces mêmes sujets s’exposent peu au soleil.
La déficience voire une carence en fer (tout comme un saignement occulte) doit être suspectée devant une baisse de la ferritinémie (a fortiori en cas d’anémie microcytaire) et faire rechercher une trop faible consommation de viande rouge (moins de deux fois par semaine), ainsi que de poissons et d’œufs.
Enfin, les apports en antioxydants sont a priori trop faibles en cas de consommation de moins de trois fruits et légumes par jour.
 

Alimentation équilibrée, activité physique et relations sociales : le « trio gagnant »

Si, au terme d’un interrogatoire rapide, une ou des déficience(s) est (sont) suspectée(s), voire confirmée(s) par un dosage sanguin, il faut alors délivrer à nouveau des conseils nutritionnels au patient : boire un jus d’orange le matin (ce qui couvre 70 % des besoins en vitamine C), mettre au menu du poisson gras une à deux fois par semaine et prévoir une supplémentation en vitamine D trimestrielle, manger de la viande rouge deux à trois fois par semaine, avec un fruit en fin de repas pour favoriser l’absorption du fer, insister sur l’importance de consommer idéalement cinq fruits et légumes par jour pour couvrir les besoins en antioxydants…
La recommandation d’une cure de compléments alimentaires (durée à adapter au contexte) permet de ressourcer rapidement des réserves un peu épuisées, sans risque de surdosage (en respectant bien la conseils d’utilisation), a fortiori chez un patient ayant un faible appétit ou en situation de fatigue ou de fragilisation.
 
L’activité physique doit être favorisée, à raison de 30 minutes de marche d’un pas vif chaque jour si possible, mais à adapter aux possibilités de chacun. (3)
Plus globalement, l’accent doit être mis sur l’hygiène de vie (soins dentaires, lavage des mains…) et les relations sociales. Un senior actif, dynamique et bien intégré dans la société est a priori plus enclin à mieux se porter qu’un sujet isolé, introverti et reclus.
 
Dr Isabelle Hoppenot 
D’après un entretien avec le Dr Laurence Plumey, médecin nutritionniste

À retenir

Des déficits fréquents

Près de 20 % des adultes ont des apports inférieurs aux deux tiers des apports nutritionnels conseillés en vitamine C.

En période hivernale, près de 80 % de la population présentent un déficit en vitamine D.

Environ 25 % de la population a un déficit en fer.

REFERENCES

(1)   Crétel-Durand E. Vieillissement du système immunitaire et sensibilité des personnes âgées aux maladies infectieuses. Annuaire du Collège de France 2012-2013.
 
(2)  Ginde AA et al. Association between serum 25-hydroxyvitamin D level and upper respiratory tract infection in the Third National Health and Nutrition Examination Survey. Arch Intern Med 2009 ; 169 : 384-90.
 
(3)  www.mangerbouger.fr/pnns/pnns-2011-2015.html
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