Déficience en fer et fatigue - Les défis de la nutrition

Déficience en fer et fatigue

22.04.2015

Le fer est un oligoélément qui joue un rôle essentiel dans la synthèse de l’hémoglobine, de la myoglobine et différentes enzymes impliquées dans les réactions métaboliques. . Le déséquilibre entre les apports alimentaires en fer et les pertes physiologiques peut se traduire par une fatigue et une baisse des performances.

Le fer est présent en petites quantités dans l’organisme (4 g) et les pertes physiologiques quotidiennes doivent être compensées par un apport alimentaire suffisant. 

Les besoins en fer sont plus élevés à certaines périodes de la vie :

– au cours de l’enfance et de l’adolescence : du fait de la croissance rapide ;

– au cours de la grossesse et, plus globalement, au cours de la vie génitale chez la femme.

Lorsque les pertes ne sont pas compensées par des apports suffisants, une déficience en fer apparaît. Elle peut aboutir à une anémie, se traduisant par une baisse du taux d’hémoglobine et par des signes tels que pâleur de la peau et des muqueuses, essoufflement et fatigue marquée.

Mais, bien avant le stade de l’anémie, la déficience en fer peut être responsable d’une fatigue et d’une baisse des performances à l’effort et intellectuelles.

La déficience en fer est très fréquente, notamment chez les femmes en période de vie génitale dont les besoins sont accrus pour compenser les pertes liées aux menstruations. Ces besoins sont estimés à 16 mg/jour, donc bien supérieurs à ceux des hommes, de l’ordre de 9 mg/jour.

La déficience en fer est l’une des premières causes de fatigue. Ce déficit est confirmé par le bilan biologique qui met en évidence une baisse de la ferritinémie (1). 

Il importe, bien sûr, d’éliminer une cause organique responsable de pertes accrues en fer : règles très abondantes, saignement occulte d’origine digestive ou gynécologique notamment. 

Mais, bien souvent, cette déficience en fer n’est que la conséquence d’un déséquilibre du statut en fer, secondaire à des apports alimentaires insuffisants pour compenser les pertes physiologiques.

 

Comment assurer des apports suffisants en fer ?

Le fer apporté par l’alimentation existe sous deux formes différentes, qui ne sont pas absorbées de la même façon par l’organisme (2) :

– le fer héminique, dont 15 à 20 % sont absorbés au niveau intestinal : il est surtout présent dans la viande rouge (bœuf, agneau, cheval, à raison de 4 mg/100 g), les abats (6 à 15 mg/100 g), le boudin noir (20 mg/100 g) et les moules (6 à 8 mg/100 g). Dans une moindre mesure, il est présent dans la viande blanche et les œufs ;

– le fer non héminique, très peu absorbé (3 à 5 %), est surtout présent dans les légumes secs et les épinards. Son absorption peut être améliorée par un produit riche en vitamine C consommé au cours du même repas (agrumes, salade de fruits exotiques, ou du chou cru par exemple). 

L’enquête alimentaire permet assez simplement de constater une insuffisance des apports, en particulier chez les personnes consommant peu, voire pas de viande. 

Des conseils diététiques ou la prise d’un complément alimentaire sont alors préconisés. 

 

Dr Isabelle Hoppenot

D’après un entretien avec le Dr Laurence Plumey, médecin nutritionniste, fondatrice d’EPM Nutrition, une école de nutrition pour les professionnels de santé, Paris. 

REFERENCES

1. Haute Autorité de santé. Choix des examens du métabolisme du fer en cas de suspicion de carence en fer. HAS, mars 2011.

http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2011-11/rapport_devaluation_bilan_martial_carence_2011-11-09_17-21-31_723.pdf

2. Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Le fer. ANSES, 2014.

https://www.anses.fr/fr/content/le-fer

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