Lait de croissance : pourquoi est-il essentiel ? - L'alimentation de l'enfant de 0 à 3 ans

Lait de croissance : pourquoi est-il essentiel ?

21.01.2015

État des lieux

À partir de 9 à 12 mois, l’enfant a une alimentation diversifiée, mais l’apport lacté reste essentiel. La consommation de lait de vache ne permet pas de répondre aux exigences en matière d’apports nutritionnels conseillés. Les laits de croissance sont en revanche en adéquation avec les objectifs nutritionnels chez les enfants de 1 à 3 ans et leur utilisation doit être recommandée dans cette tranche d’âge.

Chapitre 01 : Une inadéquation des apports avec le lait de vache

 
Comme cela a été bien montré au travers d’une enquête, les enfants âgés de 1 à 2 ans n’ayant pour apport lacté que du lait de vache ou des produits à base de lait de vache sont en inadéquation avec les apports nutritionnels conseillés (ANC) pour leur âge : apports trop élevés en protéine et trop faibles en acides gras essentiels (acides linoléique et alpha-linolénique, AGE), fer, zinc et vitamines C, D et E.

 En particulier, l’insuffisance des apports en fer, qui concerne près de 30 % des enfants âgés de 6 à 24 mois, expose à un risque d’anémie, de susceptibilité accrue aux infections, d’anomalies du développement cognitif ou encore de troubles du comportement comme une hyperactivité.

Les besoins en fer sont de 7 mg par jour entre 1 et 3 ans, en tenant compte de l’hétérogénéité des coefficients d’absorption, de l’ordre de 1 à 2 mg de fer absorbé. Or, une alimentation diversifiée avec du lait de vache comme source lactée n’apporte que 0,5 mg de fer absorbé par jour de fer, ce qui est largement insuffisant.
En complément :


Chapitre 02 : L’intérêt des laits de « croissance »

C’est au début des années 1990 que sont apparus les laits de croissance, formules à base de lait de vache modifié (moindre teneur en protéines, enrichissement en AGE, fer et vitamines) destinées aux enfants de plus de 1 an.
 
Leur composition, qui relève de la directive 2009/39/CE doit être telle que « ces produits sont appropriés à l’objectif nutritionnel auquel ils sont destinés ». En d’autres termes, ces laits de croissance sont spécifiquement formulés pour répondre aux besoins des enfants en bas âge. 
Les inadéquations observées chez les enfants recevant du lait de vache sont corrigées par l’apport du lait de croissance, sans que soit observé un excès des apports comparativement aux ANC.
 
La couverture des besoins en fer
 
Les besoins en fer sont notamment couverts par une alimentation diversifiée comprenant chaque jour 30 g de viande et 500 mL de lait de croissance.
Différents laits de croissance sont disponibles, certains ayant une saveur sucrée et vanillée (sans impact sur le développement d’une appétence pour le goût sucré), d’autres sans sucre ni arôme.
Le lait de croissance peut être consommé par exemple lors du petit déjeuner et du goûter, alors que l’enfant consomme par ailleurs fromages, laitages et préparations « maison » à base de lait de vache.

 

Un surcoût relatif
Le surcoût du lait de croissance par rapport au lait de vache est estimé à environ 15 €/mois. Il est en réalité largement compensé par de moindres dépenses en viande. En effet, pour obtenir un apport de 1 mg de fer absorbé, le lait de croissance coûte en moyenne 2 fois moins cher que la viande*. Il permet de réduire les quantités de protéines consommées par jour qui demeurent excessives chez les tout-petits en France.

Dr Isabelle Hoppenot

À retenir

La consommation de lait de vache ne permet pas de répondre aux exigences en matière d’apports nutritionnels conseillés pour les enfants entre 1 et 3 ans, avec notamment une insuffisance des apports en fer. Les besoins en fer sont couverts par une alimentation diversifiée comprenant chaque jour 30 g de viande (quantité recommandée à cet âge) et 500 mL de lait de croissance.
De plus, le lait de croissance permet d’apporter des omega3 et de la vitamine D, faisant souvent l’objet de carences dans cette population.

REFERENCES


  • Ghisolfi J et al. Nutrient intakes of children aged 1-2 years as a function of milk consumption, cows’ milk or growing-up milk. Public Health Nutr 2013 ; 16 : 524-34.
  • Programme National Nutrition Santé (PNNS). Le guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents. Septembre 2004.
  • Fantino M et al. Consommation énergétique et apports nutritionnels des enfants français âgés de 1 à 36 mois : nouvelles données recueillies en 2005. Arch Pediatr 2008 ; 15 : 446-55.
  • Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie. Lait de vache ou de croissance : quel lait recommander pour les enfants en bas âge (1-3 ans) ? Arch Pediatr 2011 ; 18 : 355-8.
  • Alimentation des moins de 3 ans : les essentiels de la consultation pédiatrique. Nutrition et endocrinologie 2013 ; 11 : 62.

* 1 mg de fer absorbé provenant de 330 ml de Blédilait Croissance + revient à 0,69 euro, c’est à dire 37% moins cher que 1 mg de fer absorbé provenant de 106 g de steak haché de bœuf (1,1 euro).

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