« On ne veut pas laisser exister la médecine spécialisée de proximité !». Le Dr Jean-François Rey, président de la branche spécialiste de la CSMF, est à l’origine de ce coup de gueule, poussé ce mercredi. Rien ne trouve grâce aux yeux du gastro-entérologue - ni la stratégie nationale de santé, qui oublierait les spécialistes libéraux, ni la tournure des débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
« Par expérience, je me méfie énormément de la rédaction des textes de loi, indique le Dr Rey. Or, le député socialisteChristian Paul, rapporteur (maladie) du PLFSS, défend la philosophie de MG France qui consiste à faire du médecin traitant l’unique coordinateur du parcours de soins, notamment dans la prise en charge ambulatoire des pathologies chroniques ». Une forme de médecine à l’anglaise avec filières de soins rigides que redoute l’UMESPE : « il ne faut pas réduire l’accès aux soins à une seule porte », tonne le Dr Rey.
Le spectre du gate-keeper
L’UMESPE cite l’exemple d’un patient dialysé en ville, atteint d’insuffisance rénale chronique. « Le néphrologue ou l’infirmière libérale sont plus à même d’assurer la coordination autour du patient que le généraliste ! », estime le président du syndicat.
Autre exemple, l’insuffisance cardiaque sévère. 40 % des patients souffrant de cette pathologie ne consultent pas leur cardiologue une fois par an, comme le préconisent les protocoles de prise en charge. « Placer un gate-keeper à l’entrée du système de santé ne va pas améliorer cette tendance », anticipe le Dr Rey.
Pause exceptionnelle de votre newsletter
En cuisine avec le Dr Dominique Dupagne
[VIDÉO] Recette d'été : la chakchouka
Florie Sullerot, présidente de l’Isnar-IMG : « Il y a encore beaucoup de zones de flou dans cette maquette de médecine générale »
Covid : un autre virus et la génétique pourraient expliquer des différences immunitaires, selon une étude publiée dans Nature