Vitale, LA carte-maîtresse

Publié le 31/12/2014
carte vitale

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Crédit photo : INA

Pièce de choix dans l'arsenal des médecins libéraux pour leur « guérilla » de 2015, la carte Vitale se manie (ou ne se manie pas) avec doigté. Petit rappel.

Quel boycott ?

Deux méthodes :
1- Refuser la carte Vitale des patients et leur fournir à la place une feuille de soin papier.
2- Accepter la carte mais ne passer les télétransmissions qu'une fois par mois (en moyenne, les médecins effectuent cette opération trois fois par semaine par paquets de FSE).

Quel risque pour le médecin ?

En refusant la carte Vitale, les médecins s'exposent à des conséquences financières puisqu'une part de la ROSP (rémunération sur objectifs de santé publique) dépend des transmissions, qui doivent concerner au minimum 66% des actes. Dans les faits, aujourd'hui, les feuilles de soins sont aujourd'hui télétransmises dans leur quasi totalité.

Quelles conséquences pour les patients ?

Ils devront attendre en moyenne 20 jours pour être remboursés, contre 5 jours avec la carte Vitale. Ce qui a fait dire à la ministre de la Santé que « ce sont les patients qui seraient directement pénalisés par ce mouvement ».

Quelle surcharge pour l'assurance-maladie ?

La grève de la carte Vitale entraînerait l'engorgement des services de l'assurance-maladie, saturés par l'envoi des feuilles de soin.
Les délais de remboursement pourraient augmenter fortement. Et si la grève devait durer, une réorganisation au sein de l'assurance-maladie risque d'être nécessaire.
Les coûts de gestion de la Sécurité sociale subiraient aussi une hausse notable.

CQFD pour les syndicats médicaux : une grève de la carte Vitale mettrait en évidence les efforts que fournissent les médecins pour lutter contre les surcoûts administratifs, sans que rien ne soit fait pour eux en retour.

Quels antécédents ?

La dernière grève d'ampleur de la carte Vitale a été menée en 2001 par certains syndicats de médecins libéraux contre le caractère obligatoire de l'informatisation et de la télétransmission, après sa mise en place en 1998. Depuis, cette grève a été suivie ponctuellement à d'autres reprises, pour peser dans les négociations tarifaires ou pour la revalorisation de la profession, entre autres.
D'autres professions ont mené cette grève, comme les sages-femmes récemment. En termes de volume, une grève de la carte Vitale des médecins est évidemment beaucoup plus pénalisante pour l'assurance-maladie.

Avec AFP  

Source : lequotidiendumedecin.fr