VIH : une injection d'antirétroviraux par mois au lieu d'une prise quotidienne, quel intérêt ?

Publié le 08/03/2019

Le laboratoire ViiV Healthcare a communiqué les premiers résultats de phase III de son traitement antirétroviral à longue durée d'action, à l'occasion de la conférence sur le sida et les maladies opportunistes (CROI) qui s'est achevée le jeudi 7 mars. Ce nouveau traitement consiste en une injection toutes les 4 semaines de cabotegravir et de rilpivirine. Il est supposé être moins contraignant que le traitement oral quotidien et pourrait améliorer l'observance.

Le cabotegravir est un inhibiteur d'intégrase qui ne bénéficie pas encore d'autorisation de mise sur le marché en Europe ou aux États-Unis. Il est actuellement développé sous 2 formulations : orale et injectable. La rilpivirine est un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse déjà commercialisé en France sous le nom de Edurant.

Plus de 92 % de charge virale indétectable

Les auteurs ont présenté les données de 608 patients recrutés dans les 2 études pivot de phase III ATLAS (Antiretroviral Therapy as Long-Acting Suppression) et FLAIR (First Long-Acting Injectable Regimen). Ces dernières montrent que cette injection est non inférieure à une trithérapie orale comprenant 2 inhibiteurs de transcriptase inverse. Dans l'étude ATLAS, à la 48e semaine, 5 des 308 patients sous cabotegravir/rilpivirine (1,6 %) présente une charge virale inférieure à 50 copies par millilitre. Dans le bras sous trithérapie, 3 des 308 patients (1 %) ont une charge inférieure à 50 copies par millilitre. Par ailleurs, 92,5 % des patients sous cabotegravir/rilpivirine avaient une charge virale indétectable, contre 95,5 % de ceux sous trithérapie.

Chez les 3 seuls patients traités par injection de cabotegravir et de rilpivirine en échec virologique, une résistance de la souche virale aux inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse antérieur à la mise sous traitement a été mise en évidence. En l'occurrence, ces deux patients ont été infectés en Fédération de Russie par un sous type de VIH-1 fréquent dans cette région et très résistants aux traitements.

L'association cabotegravir/rilpivirine était en général bien tolérée : 4,5 % d'effets indésirables graves et 3,2 % de patients qui ont dû se retirer de l'essai. Une réaction au niveau du site d'injection était reportée dans 83 % des cas.

L'essai FLAIR comprend 566 patients, et l'essai ATLAS 616 patients. Les résultats définitifs de ces 2 études sont attendus pour le courant de l'année 2019.


Source : lequotidiendumedecin.fr