VIH : la transmission d’un variant minoritaire

Publié le 09/11/2011
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Crédit photo : © BSIP

Dans la transmission mère-enfant comme dans celle entre partenaires hétérosexuels, on a observé un effet dit de goulot d’étranglement génétique, c’est-à-dire une perte de la diversité génétique du virus entre le sujet infectant et le sujet infecté.

Pour essayer d’élucider ce processus, des chercheurs ont réalisé une étude des séquences d’enveloppe virale à partir de deux catégories de prélèvements : d’une part, des échantillons sanguins et génitaux (sécrétions vaginales ou sperme) obtenus chez 8 partenaires sexuels infectés de manière chronique, d’autre part, de nouveaux prélèvements de sang (chez les partenaires « donneurs » et les partenaires « récepteurs », donc chez 16 sujets au total) effectués cette fois au moment de la détection d’une séropositivité chez les partenaires « récepteurs ».

L’étude des séquences d’enveloppe des régions V1-V4 du VIH-1 met en évidence un compartimentage entre les virus observés dans l’appareil génital et ceux retrouvés dans le sang : les séquences des virus au niveau génital sont plus souvent regroupées entre elles qu’elles ne le sont avec des séquences isolées dans le sang. Mais surtout, on note l’absence, une fois que la transmission de l’infection a eu lieu, des variants viraux qui étaient majoritaires chez les partenaires infectants (« donneurs »). En effet, les variants présents dans l’appareil génital des « donneurs » qui sont les plus proches, phylogénétiquement, du variant « founder » (responsable de la transmission de l’infection) sont distincts des populations prédominantes retrouvées chez les « donneurs ».

En outre, comme la probabilité pour que le variant « founder » soit différent des variants majoritaires trouvés dans les prélèvements génitaux exclut un phénomène de hasard, les chercheurs en déduisent qu’il y a eu sélection d’un variant minoritaire, doté de certaines propriétés biologiques le rendant plus apte que les autres variants à la transmission de l’infection.

DI Boeras, E Hunter et coll. « Proc Natl Acad Sci » USA (2011). Publié en ligne.

 Dr BERNARD GOLFIER

Source : lequotidiendumedecin.fr