Une protéine essentielle à la lactation est identifiée

Publié le 22/04/2011
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Crédit photo : © S. TOUBON / « LE QUOTIDIEN »

L’épithélium mammaire se compose principalement de cellules luminales productrices de lait et de cellules basales myoépithéliales, chargées de son expulsion. Le compartiment basal de l’épithélium mammaire semble être le siège des cellules souches et progénitrices qui sont nécessaires pour le développement et le fonctionnement normaux de la glande mammaire ; ces cellules pourraient être à l’origine de certains types de cancer du sein.

Les cellules basales sont exposées à des signaux, la messagerie étant assurée par les intégrines, protéines transmembranaires.

Dans les cellules basales, une grande partie des informations transitent par l’intégrine alpha3bêta1.

Dans le modèle animal, les chercheurs ont supprimé partiellement cette protéine dans les cellules basales Résultat : les souris porteuses de l’altération de l’intégrine alpha3bêta1 ne peuvent plus allaiter leurs petits car les cellules basales n’expulsent plus le lait produit. L’absence de cette protéine, d’une part, empêche l’activation de la voie de signalisation impliquant les protéines Rho et Rac, d’où des modifications au niveau de la morphologie des cellules, d’autre part, bloque une partie de la capacité contractile de ces cellules. Conséquence : les cellules basales ne peuvent plus éjecter le lait.

Compte tenu du rôle de messager entre l’extérieur et l’intérieur de cette protéine, les chercheurs s’attendent à lui découvrir de nombreuses autres fonctions.

L’équipe de Marina Glukhova s’intéresse maintenant au rôle de cette intégrine et de la voie de signalisation afférente dans la cancérogenèse. Elle poursuit l’étude de la fonction de cellules basales mammaires dans le développement normal de la glande et leur rôle dans la cancérogenèse mammaire. L’objectif est de mieux comprendre le rôle des interactions entre ces cellules et l’environnement extérieur au cours du développement mammaire et de déterminer les événements cellulaires et moléculaires à l’origine des carcinomes mammaires de type basal-like.

Karine Raymond , Stéphanie Cagnet, Maaike Kreft, Hans Janssen, Arnoud Sonneberg, Marina Glukhova. « EMBO J. », publication en ligne.

 Dr EMMANUEL DE VIEL

Source : lequotidiendumedecin.fr