Une piste dans la fibrose pulmonaire idiopathique

Publié le 20/06/2011
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Crédit photo : © PHANIE

« Il n’existe actuellement aucun traitement efficace pour la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) », explique au « Quotidien » le Dr Soni Savai Pullamsetti (Max-Planck-Institute for Heart and Lung Research, Bad Nauheim, Allemagne) premier signataire de l’étude publiée dans « Science Translational Medicine ».

Pullamsetti et coll. ont découvert que la diméthylarginine diméthylaminohydrolase (DDAH), une enzyme cruciale qui dégrade l’ADMA – un inhibiteur endogène de la NO synthétase inductible (iNOS) – est hyperactivée dans les poumons fibreux (cellules épithéliales alvéolaires) de patients atteints de FPI et de souris présentant une fibrose pulmonaire induite par la bléomycine (modèle murin de FP).

In vitro, dans les cellules pulmonaires provenant du modèle murin, l’inhibition de la DDAH par le L-291 atténue l’hyperprolifération et réduit la production de collagène.

De plus, le rôle du signal de la DDAH dans la fibrose pulmonaire est confirmé in vivo. Chez les souris exposées à la bléomycine à J0 (modèle de FP), un traitement par L-291 (administré à J1, puis tous les trois jours pendant vingt et un jours) prévient la fibrose pulmonaire, réduit le dépôt de collagène (de manière indépendante de l’ADMA), réduit la prolifération épithéliale anormale (de manière dépendante de l’ADMA), et restaure la fonction pulmonaire à un niveau quasi normal.

À l’inverse, l’administration exogène d’ADMA diminue la prolifération mais n’influence pas le dépôt de collagène et n’affecte que partiellement la compliance pulmonaire.

« Notre étude indique que les enzymes DDAH et iNOS (à un moindre degré) jouent un rôle crucial dans le développement de la fibrose pulmonaire, et qu’un contrôle étroit de ces molécules par des petites molécules inhibiteurs pourrait procurer une approche thérapeutique pour le traitement de la FPI », souligne le Dr Pullamsetti.

« Des inhibiteurs sélectifs de l’iNOS pourraient maintenant être évalués dans des essais cliniques, puisque leur sécurité, leur tolérance et leur pharmacocinétique ont été établies. Cela reste à établir pour les inhibiteurs de la DDAH. »

« Science Translational Medicine », Pullamsetti et coll., 15 juin 2011.

 Dr VÉRONIQUE NGUYEN

Source : lequotidiendumedecin.fr