Une piste contre le décès du coup de chaleur

Publié le 12/01/2012
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Crédit photo : AFP

Le coup de chaleur est une urgence médicale potentiellement fatale. Une équipe dirigée par le Dr Susan Hamilton (Baylor College of Medicine, Houston) a créé un modèle souris d’hyperthermie maligne en créant une mutation de Ryr1, analogue à la mutation liée à l’hyperthermie maligne chez l’homme.

Ces souris mutantes hétérozygotes (YS) développent une hyperthermie maligne typique (contractions musculaires, élévation de la température centrale, rhabdomyolyse et décès) après inhalation d’anesthésiques. Elles ont également une réponse accrue à la chaleur, qui entraîne une mort subite lorsqu’elles sont exposées à une température ambiante élevée (plus de 15 minutes à 37 °C) ou lorsqu’elles font de l’exercice dans la chaleur (plus de 25 °C).

Lanner et coll. ont constaté que le décès induit par la chaleur est prévenu à 100 % par l’administration aiguë d’Aicar chez les souris mutantes YS (sensibles à la chaleur), même lorsque l’administration précède de seulement dix minutes l’exercice. Mais lorsque l’Aicar est administré après la survenue des contractions musculaires induites par la chaleur, le décès est prévenu dans 4 cas sur 5.

L’Aicar, un activateur de l’AMPK (kinase activée par l’AMP), a reçu beaucoup d’attention en 2008 lorsqu’il fut montré qu’il ralentissait la fatigue musculaire et améliorait l’endurance musculaire sans faire d’exercice – ce qui lui valut le surnom de « pilule d’exercice ».

« Nos résultats suggèrent que l’Aicar est probablement efficace en traitement prophylactique chez les personnes ayant une susceptibilité accrue à la mort subite induite par l’exercice et/ou la chaleur du fait de mutations RYR1 », concluent les chercheurs.

« Il y a un grand besoin, pour le personnel d’entraînement des équipes d’athlètes, pour les médecins urgentistes des régions chaudes, et pour les soldats servant au Moyen-Orient, d’avoir un médicament disponible à administrer aux individus durant un coup de chaleur, souligne le Dr Robert Dirksen (University of Rochester Medical Center, État de New York). Notre étude marque un premier pas important vers le développement d’un nouveau traitement médicamenteux qui pourrait faire partie du traitement standard du coup de chaleur dans le futur. »

« Nature Medicine », 8 janvier 2012, Lanner et coll.

 Dr VÉRONIQUE NGUYEN

Source : lequotidiendumedecin.fr