Une permanencière du SAMU risque un an de prison avec sursis pour homicide involontaire

Publié le 20/01/2015

Le tribunal d’Angers a requis lundi 19 janvier un an de prison avec sursis contre une permanencière auxiliaire du SAMU, chargée de la régulation des appels adressés au 15, et poursuivie pour homicide involontaire pour la mort, en 2009, d’une jeune femme prise en charge trop tardivement par le SAMU. À l’encontre du CHU d’Angers, également poursuivi, le tribunal a requis cinquante mille euros.

Le 9 avril 2009, le compagnon de la victime, lui-même ambulancier au CHU, avait multiplié les appels au 15 et décrit à la permanencière le malaise dont était victime sa compagne : « elle s’effondre », « ne peut parler... n’arrive plus à respirer », « perd ses urines ».

Manque de formation médicale

La permanencière auxiliaire, décrite à la barre comme une professionnelle consciencieuse, a expliqué qu’elle avait pensé « à une crise d’angoisse », être « restée sur cette première idée » et n’avait prévenu le médecin régulateur du SAMU que 34 minutes après le premier appel du compagnon. Elle a aussi reconnu son manque de formation médicale et même de formation tout court.

Selon l’avis de spécialistes interrogés lors de l’instruction, certains des appels du compagnon et de la famille contenaient « des mots clés qui auraient dû l’alerter » sur la gravité de la situation. Faute d’autopsie, l’expertise médicale a, quant à elle, retenu l’embolie pulmonaire comme hypothèse la plus probable du décès. Il est selon elle, impossible d’affirmer qu’une intervention plus rapide des secours aurait permis de sauver la jeune femme.

Pour sa cliente, Me Christophe Aubert a plaidé sur le glissement des tâches au sein du 15 à Angers, « des médecins régulateurs (qui) manquent d’écoute et se déchargent sur les permanencières auxiliaires » qui « hésitent à réguler car elles ont peur de se faire insulter ». « J’ai une pensée pour les enfants et la famille », a dit l’accusée à l’issue du procès. Le jugement a été mis en délibéré au 16 mars.

P. T. (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr