Une méthode non invasive pour évaluer le pronostic du gliome

Publié le 13/01/2012
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LES GLIOMES, tumeurs cérébrales regroupant les astrocytomes, les oligodendrogliomes et les oligoastrocytomes mixtes, ont un pronostic très variable qui dépend en partie de leur grade de malignité (1 à 4) et des caractéristiques histologiques. Toutefois, des tumeurs de même diagnostic peuvent avoir une évolution très variable, ce qui soulignait le besoin d’identifier d’autres marqueurs pronostiques afin de mieux guider la prise en charge thérapeutique des gliomes.

En 2008, des études ont montré que des mutations des gènes IDH 1 et 2 sont associées à un pronostic plus favorable.

Ces gènes IDH permettent la synthèse d’une enzyme importante, l’isocitrate déshydrogénase, qui joue un rôle essentiel dans la respiration cellulaire, en favorisant la décarboxylation oxydative de l’isocitrate pour produire l’alpha-cétoglutarate (alpha-KG). Les mutations IDH entraînent la perte de cette fonction, mais elles confèrent aussi un gain de fonction enzymatique favorisant la réduction de l’alpha-KG pour produire le 2-hydroxyglutarate (2-HG), un métabolite potentiellement oncogène, impliqué dans le développement du gliome.

Deux études décrivent maintenant une approche non invasive pour détecter la présence des mutations IDH dans le gliome, par le biais du 2-HG.

Elkhaled et coll. ont utilisé une nouvelle méthode de spectrométrie par résonance magnétique (SRM) pour détecter et quantifier les taux de 2-HG ex vivo dans 104 échantillons de gliomes de grade II récurrent provenant de 52 patients (40 avec mutation IDH, 12 sans mutation IDH). Ils montrent une forte concordance entre la présence de 2-HG et la mutation IDH dans les échantillons.

Andronesi et coll. rapportent la détection in vivo du 2-HG chez 2 patients ayant un gliome avec mutation IDH 1. Ils montrent ainsi que la présence des mutations IDH peut être évaluée de façon non invasive par l’imagerie spectroscopique.

Cette découverte est importante puisqu’il n’existe pas d’augmentation du 2-HG dans le sang, ni dans le LCR ou l’urine des patients atteints de gliome.

« Science Translational Medicine », 11 janvier 2012, Andronesi et coll., Elkhaled et coll., Metellus et coll.

 Dr VÉRONIQUE NGUYEN

Source : lequotidiendumedecin.fr