Une laborantine de la Croix-Rousse à Lyon s’est suicidée sur son lieu de travail

Publié le 27/11/2012
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Crédit photo : AFP

Une technicienne d’un laboratoire d’un des plus grands hôpitaux Nord des hospices civils de Lyon, la Croix-Rousse, s’est donné la mort hier matin, lundi 26 novembre, à l’âge de 44 ans. Elle s’est défenestrée sur son lieu de travail. Vers 8 h 30, l’une de ses collègues l’a retrouvée grièvement blessée en bas de l’immeuble. Elle est décédée deux heures plus tard aux urgences de l’hôpital, selon la directrice adjointe de l’hôpital, Jacqueline Barthélémy-Bougault. Elle était mère de 2 enfants.

La laborantine n’aurait pas laissé de lettre expliquant son geste. Une enquête de police est en cours. « C’est un choc pour le personnel et pour la direction. On est dans la compassion et on observe une grande vigilance et une grande présence vis-à-vis des personnels », a déclaré Mme Barthélémy-Bougault.

Souffrance au travail ?

En l’attente des conclusions de l’enquête de police, il est impossible de lier formellement l’acte suicidaire aux conditions de travail. Mais les syndicats de la Croix-Rousse estiment que « se suicider sur son lieu de travail n’est pas anodin », selon les mots de la secrétaire générale de la CGT, Catherine Bonnet. La laborantine était confrontée à un changement de service prévu d’ici au 15 décembre, dans le cadre de la restructuration de l’ensemble des laboratoires des HCL. Elle avait émis 3 vœux, conformément à la procédure en place dans le plan d’accompagnement social. Mais aucune réponse favorable ne lui avait été clairement rendue. « C’est une grande pagaille : les personnels de laboratoires transférés d’un hôpital à un autre ne savent pas encore où ils vont aller. Certains vont se retrouver à l’opposé de leur logement. Les laboratoires qui les accueillent ne sont pas forcément préparés. Sans compter qu’il y aura une perte de la qualité des prélèvements et des examens », explique au « Quotidien » Mme Bonnet. Selon la CGT, une centaine de postes seraient menacés (contractuels, départs à la retraite non remplacés, prime au départ...).

Au lendemain du drame, l’équipe de la laborantine reste prudente sur les raisons du geste, tout en reconnaissant des « tensions » en terme de conditions de travail.

À la demande des syndicats, la direction a convoqué un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire ce jeudi.

 COLINE GARRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr