NOMBRE de troubles semblent impliqués dans les difficultés d'apprentissage liées au langage, dont la dyslexie est le principal représentant. Ces difficultés surviennent chez des individus aux aptitudes intellectuelles pourtant normales et donc aptes à produire ou à comprendre un langage parlé ou écrit.
Dans les « Proceedings » de l'Académie américaine des sciences*, Beverly A. Wright et Steven G. Zecker (Evanston, Etats-Unis) rappellent que la plupart des théories sur ces troubles de l'apprentissage d'une langue sont centrées sur des altérations neurologiques, de perception, cognitives ou linguistiques. Les deux chercheurs américains formulent, pour leur part, une hypothèse plus globale. A leur sens, une grande partie de ces altérations devrait être attribuée à un retard du développement neurologique. En raison de ce retard, le processus de maturation neurologique, qui devrait continuer au-delà de l'adolescence, cesse probablement vers dix ans. L'arrêt brutal serait dû à l'installation de la puberté.
Pour tenter de confirmer leur hypothèse, les scientifiques ont mis au point une étude auprès de 115 sujets (de 6 ans à plus de 40 ans). Une première moitié du groupe, indemne de troubles de l'apprentissage du langage, servait de témoin ; l'autre moitié était atteinte des troubles étudiés (environ 50 % de dyslexiques).
Distinguer un son bref dans un fond bruyant.
Le test mis au point pour dépister un retard du développement neurologique peut sembler étrange. Il a pourtant été validé dans une étude précédente de la même équipe. Le test repose donc sur la capacité à distinguer un son bref au sein d'un fond bruyant. Plusieurs épreuves sont réalisées, au cours desquelles le son à percevoir est émis avant le bruit de fond, lors du déclenchement du bruit de fond, peu après son début ou après son arrêt.
Les individus du groupe atteint d'un trouble de l'apprentissage distinguent moins bien le son en environnement bruyant.
Pour les chercheurs, ces résultats confortent l'idée que ces déficits de perception auditive reflètent une immaturité neurologique. Si un nouveau seuil de performance n'a pas été atteint à la puberté, ces carences persistent à l'âge adulte à la suite d'un arrêt du développement.
Quant à connaître la cause du retard, des étiologies génétiques et environnementales sont suspectées. L'effet délétère de la puberté sur des aptitudes qui s'acquièrent lentement s'expliquerait par deux faits. Tout d'abord, la maturité sexuelle s'installe à peu près au moment où le développement s'arrête. Ensuite, tant chez l'humain que chez l'animal, la puberté est associée à des modifications neurologiques susceptibles de réduire la plasticité cérébrale.
* « Proc Natl Acad Sci », 29 juin 2004, vol 101, n° 26, pp. 9942-9946.
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