Un nouveau type de mutations génétiques identifié par des Français

Publié le 08/04/2011

« Grâce à cette découverte, il est maintenant possible de proposer un diagnostic prénatal précoce de cette affection très grave et, au-delà, l’identification des protéines perturbées par cette anomalie pourrait faire d’envisager des stratégies thérapeutiques permettant d’éviter le décès », explique Patrick Edery.

Le syndrome de Taybi-Linder (TALS ou nanisme microcéphalique primordial de type 1) est associé à un décès rapide postnatal et des malformations graves du cerveau, des os et d’autres tissus.

« Dans un premier temps, une nouvelle méthode statistique a permis de localiser le défaut génétique sur une petite région du chromosome 2. Ensuite, les dernières techniques de séquençage haut débit ont rendu possible l’identification de 4 mutations liées à l’ARNsn dont le nom est U4atac », ajoute Anne-Louise Leutenegger.

Selon les chercheurs, ces mutations sont responsables de la mort quelques mois après la naissance et des malformations sévères du cerveau et des os.

Sur le plan de la recherche en biologie, c’est la première implication d’un ARNsn dans une maladie génétique.

Qu’est ce qu’un ARNsn ? C’est un petit ARN qui participe avec certaines protéines à l’épissage de l’ARN, un processus de maturation de l’ARN pré-messager. L’ensemble des ARNsn et de ces protéines s’appelle « splicéosome ». Ce complexe permet de pratiquer l’épissage, consistant à retirer les parties non codantes de l’ARN pré-messager ou introns et de souder entre elles celles qui sont codantes, les exons, qui seront utilisées lors de la synthèse de protéines. Le splicéosome est un acteur essentiel en amont de la synthèse des protéines, dès le développement embryonnaire.

Les chercheurs ont révélé une anomalie au sein des ARNsn du splicéosome chez des patients présentant un TALS.

« La découverte de ce nouveau mécanisme responsable d’anomalies du développement devrait permettre, grâce à la technique de séquençage du génome, d’identifier de nombreux gènes impliqués dans de graves malformations génétiques », conclut Patrick Edery.

P. Edery et coll. (INSERM U946, « Variabilité génétique et maladies humaines »), dans « Science », le 8 avril 2011.

 Dr BÉATRICE VUAILLE

Source : lequotidiendumedecin.fr