Un microARN marqueur du cancer de l’ovaire

Publié le 21/11/2011
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Crédit photo : © PHANIE

Parmi les nombreux mécanismes adaptatifs qui modulent l’expression génique en réponse au stress se trouve la protéine kinase p38alpha qui supprime la tumorogenèse en bloquant la prolifération cellulaire ou en favorisant l’apoptose. Si l’on s’intéresse maintenant à l’expression des miARN, elle peut être perturbée par divers stress tels que les radiations, l’oxydation ou l’hypoxie.

Les Français se sont penchés sur la place de la famille des miR-200 sur le stress oxydatif au cours de la tumorogenèse ovarienne. Une première partie du travail a été menée chez des souris. L’équipe a constaté que deux membres de cette famille, miR-200a et miR-141, en inhibant p38 alpha favorisent la malignité.

La seconde partie de l’étude a été réalisée sur des cellules humaines d’adénocarcinome ovarien. Celles caractérisées par une surexpression de miR-200a montraient de faibles taux de p38 alpha ainsi qu’une signature oxydative. Grâce à cette signature les patientes bénéficient, en définitive, de survies sans progression et globales prolongées. En pratique, miR-200a et miR-141 favorisent, certes, la tumorogenèse en l’absence de traitement, mais majorent la mort cellulaire et ralentissent la croissance cellulaire sous un traitement comme le paclitaxel, connu pour accroître les radicaux libres. Il existe une relation inverse entre l’expression de p38 alpha et de miR-200a, celle avec miR-141 n’atteint pas la significativité.

De ces constats sur l’animal et sur des cellules tumorales ovariennes humaines, l’équipe définit deux signatures dites « stress » et « fibrose », corrélées à miR-200a. Les patientes chez qui un profil « stress » a été mis en évidence (stress élevé et fibrose bas, miR-200a élevé) avaient une meilleure évolution que celles au profil « fibrose » (stress bas et fibrose élevée, miR-200a bas).

Les chercheurs concluent que le stress oxydatif agit de deux façons. Alors qu’il devrait majorer la croissance tumorale, il potentialise la production de radicaux libres par les agents thérapeutiques (le paclitaxel, par exemple). L’identification d’une signature « stress » pourrait être utilisée comme marqueur pronostique du cancer ovarien.

« Nature Medicine », édition avancée en ligne, doi:10.1038/nm.2512.

 Dr GUY BENZADON

Source : lequotidiendumedecin.fr