Un gène du HDL cholestérol cause d’infertilités féminines

Publié le 18/05/2011
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Crédit photo : © PHANIE

C’est à partir de travaux menés chez la souris qu’a pu être identifiée une nouvelle cause d’infertilité féminine. Elle est attribuée à une mutation du gène SCARB1 (scavenger receptor class B type 1), impliqué dans le métabolisme du HDL cholestérol et, de ce fait, dans la production de progestérone.

Anabelle Fernandez et son équipe de l’université Johns Hopkins (Baltimore) avaient déjà constaté, chez l’animal de laboratoire, que l’absence provoquée du récepteur SCARB1 les conduisait à une stérilité. Leur hypothèse a donc été de rechercher une cause similaire chez des femmes infertiles. D’autant qu’un traitement semblait être efficace chez les rongeurs, un hypolipémiant.

Entre novembre 2007 et mars 2010 les chercheurs ont enrôlé 274 patientes âgées de 36,4±4,6 ans. Toutes étaient suivies pour une infertilité et allaient être incluses dans un protocole de FIV. L’objectif était de prélever chez elles du liquide folliculaire et des cellules de la granulosa. Puis un séquençage de l’ADN devait rechercher 5 polymorphismes d’un seul nucléotide (SNP) du gène SCARB1 ; une mesure du taux de progestérone était également réalisée sur le liquide folliculaire.

Une insémination a été réalisée chez 207 de ces patientes, après fécondation in vitro. Le critère de succès était l’existence d’un sac ovulaire ou de battements cardiaques au 42e jour. Neuf des femmes enrôlées ont connu un échec de l’insémination, toutes étaient porteuses d’une mutation de SCARB1. Malgré une supplémentation hormonale elles avaient un taux insuffisant de progestérone.

Une possibilité thérapeutique pourrait exister sous la forme d’un ancien hypolipémiant, le probucol, retiré du commerce aux États-Unis en raison de ses effets secondaires. Toutefois, il a restauré la fertilité des souris génétiquement modifiées. A. Martinez et son équipe envisagent la mise en place d’un essai clinique chez des femmes infertiles.

« Human Reproduction », doi10.1093/humrep/der124.

Dr GUY BENZADON

Source : lequotidiendumedecin.fr