Un euro de plus sur la consultation, le deal des génériqueurs aux médecins

Par Marie Foult
Publié le 17/01/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
génériques

génériques
Crédit photo : Phanie

Plus question « d'annus horribilis » comme en 2017, mais l'inquiétude reste très forte. L'association GÉnérique Même MÉdicament (Gemme, qui réunit 25 industriels du générique et biosimilaires) a présenté ce jeudi des résultats 2018 jugés moroses. Car si la baisse est moins importante que l'an passé, les ventes de médicaments génériques à périmètre constant sont toujours en repli.

« Même si à périmètre courant, la progression [du marché du générique remboursable] est de 1,6 % en volume et de 1 % en valeur, à périmètre constant, nous subissons une baisse de 0,7 % en volume et de 3,5 % en valeur », précise Stéphane Joly, président du Gemme. Les baisses de prix sur les génériques ont atteint 108 millions d'euros. 

Le générique représente en France 917 millions de boîtes (soit seulement 37 % du marché pharmaceutique remboursable contre 80 % pour le Royaume-Uni ou l'Allemagne) et 3,5 milliards d'euros (19 % du marché en valeur). Dans ce contexte, le président du Gemme réclame à nouveau « moins de pression » sur les prix et des mesures visant à doper le recours aux génériques, « sources d'économies pour le système de santé ».

Les médecins prescripteurs bonnets d'âne ?

Pour rattraper nos voisins européens, l'association des génériqueurs cible notamment les médecins prescripteurs, toujours « réticents » aux génériques a contrario des pharmaciens. « Les médecins français ont une liberté de prescription, et de ce fait ils prescrivent encore beaucoup en dehors du répertoire, malgré des incitations mises en place via la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) », s'agace Pascal Brière, vice-président des affaires économiques de l'association.

À cet égard, la justification médicale obligatoire par le praticien de la mention « non substituable » sur l'ordonnance (couplée au moindre remboursement du patient en cas de refus non médicalement justifié du recours aux génériques), disposition inscrite dans la loi Sécu, n'est pas perçue comme une avancée. « Le gouvernement a choisi cette voie mais cela ne résout pas la problématique du moindre recours au générique », analyse Pascal Brière.    

Honoraire spécifique pour la prescription en DCI

D'où la proposition du Gemme de changer de braquet en termes d'incitation financière directe des praticiens. Pour augmenter les prescriptions au sein du répertoire, l'association propose pour la première fois de « majorer le tarif de la consultation » liée à l'« atteinte d'un objectif » de prescription dans le répertoire. « Cela pourrait être une majoration d'un euro, puis d'1,5 euro par consultation, précise-t-on. Pour le moment, nous avons déposé un projet dans le cadre des expérimentations de l'article 51. Il a été présenté à la commission et nous avons échangé avec l'Assurance-maladie de sa faisabilité. » Autre piste forte : la création d'un « honoraire spécifique » sur objectif de prescription en dénomination commune internationale (DCI) pour les spécialités complexes.

Côté patients cette fois, le Gemme milite pour l'instauration d'une franchise « plus faible » si le médicament est inscrit au répertoire des génériques, ce qui permettrait de s'appuyer sur la demande des assurés.

Les génériques ont permis trois milliards d'euros d'économies en 2018. 


Source : lequotidiendumedecin.fr