Un chèque de 29 000 euros : un interne charentais touche sa bourse et la rembourse

Publié le 28/06/2013
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Crédit photo : S. Toubon

Le conseil général de Charente s’interroge sur la pérennité de son dispositif d’aide à l’installation pour les jeunes médecins, alors qu’un interne de la faculté de Poitiers vient de lui rembourser l’intégralité de la bourse étudiante reçue, soit 29 000 euros.

Le jeune médecin est revenu sur son engagement de s’installer dans une zone médicalement sous-dotée prédéfinie par le Conseil général, promesse pour laquelle il avait bénéficié d’une aide financière de 1 000 euros par mois pour subventionner une partie de ses études de médecine générale.

« Le remboursement de la somme n’a posé aucun problème, le bénéficiaire nous a déjà signé un chèque de 29 000 euros », précise le conseil général.

Concurrence déloyale

Cet événement pose la question de la viabilité du dispositif, dont ont bénéficié huit internes en médecine générale.

Une première lauréate, thésée, avait déjà rencontré des difficultés à s’installer, en septembre dernier, remettant en cause la pertinence de cette aide du département.

« Cette jeune femme médecin a reçu des lettres de menace de ses confrères déjà installés, indique le conseil général. Ils ont crié à la concurrence déloyale alors que nous communiquions sur les bénéfices du dispositif d’aide à l’installation et non sur l’ouverture du cabinet médical de la lauréate ».

Comment résoudre la difficile équation entre la susceptibilité des praticiens installés, les desiderata des jeunes médecins et l’aménagement du territoire piloté par les élus locaux ? Le Dr Michel Bacquart n’a pas de réponse. Sans remettre en question un dispositif qu’il a « toujours soutenu », le président de l’Ordre départemental estime que ce « petit couac » est le fait d’un « manque de diplomatie » vis-à-vis des médecins déjà installés. « Nous avons des divergences de vues avec le conseil général sur l’endroit où placer les jeunes confrères, reconnaît le gastroentérologue. Mais installer un jeune médecin tout seul à Triffouillis-les-Oies n’est pas plus une meilleure solution pour le maintenir sur le territoire ».

Une rencontre entre le Conseil général et l’Ordre départemental sur la question est prévue « prochainement », indique le conseil général.

375 généralistes exercent en Charente. Plus de 30 % d’entre eux partiront à la retraite dans les cinq ans à venir, selon l’Ordre des médecins.

 ANNE BAYLE-INIGUEZ

Source : lequotidiendumedecin.fr