UNE ÉQUIPE britannique décrit, dans « Archives of Neurology », les résultats des investigations réalisées chez une jeune femme britannique décédée en 2000 dans un tableau de maladie de Creutzfeldt-Jakob sporadique atypique. Le tableau était particulier car il ressemblait au nouveau variant de maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ) ; pourtant, le prion présentait des différences et la patiente était valine/valine au codon 129.
Le nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, on le sait, est une maladie à prion acquise. Les premiers cas ont été décrits au Royaume-Uni en 1996, après l'épidémie d'encéphalite spongiforme bovine. Ils avaient laissé craindre une pandémie. Jusqu'à présent, 163 personnes sont décédées d'un vMCJ probable ou confirmé au Royaume-Uni. Ce nouveau variant survient principalement chez l'adulte jeune. Tous les sujets touchés que l'on a étudiés jusqu'à présent étaient homozygotes méthionine/méthionine au codon 129 du gène de leur propre protéine prion ( PRPN) ; dans tous les cas, les constatations neuropathologiques étaient distinctes de la forme sporadique classique ; quant au prion responsable, il présentait des particularités (PrPsc de type 4). Des travaux chez la souris ont suggéré que d'autres génotypes de PRNP pouvaient conférer une susceptibilité.
Revenons au cas de la jeune femme britannique dont le cas est rapporté dans « Archives of Neurology ». Les constatations autopsiques ont révélé un tableau atypique de MCJ sporadique, avec une dégénérescence marquée de la substance grise et de la substance blanche et des dépôts diffus de protéine prion. Les chercheurs ne disposaient pas de tissu lymphoréticulaire aux fins d'analyses. Fait remarquable, cette femme était non pas homozygote méthionine/méthionine au codon 129, mais homozygote valine/valine (V/V). Or l'homozygotie valine/valine était jusqu'à présent considérée comme pouvant conférer une protection vis-à-vis du vMCJ.
Une nouvelle forme de la maladie.
L'analyse du prion en cause à partir de tissu cérébelleux a montré un nouveau type de PrPsc ; celui-ci était similaire au type que l'on rencontre dans le vMCJ (PrPsc de type 4) ; pourtant, il s'en différenciait par une altération du site de clivage protéase en présence d'EDTA. Ce qui soulève la possibilité d'une nouvelle forme de la maladie.
«Des études complémentaires seront nécessaires pour caractériser la souche de prion découverte chez cette patiente et pour analyser ses relations étiologiques avec l'encéphalopathie spongiforme. Ce cas illustre l'importance de l'analyse moléculaire de la maladie à prion», concluent les auteurs.
Simon Mead et coll. « Archives of Neurology », 2007 ; 64 (12) : 1780-1784.
« Eurosurveillance », 2008 ; 13 (2).
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