Un candidat vaccin contre l’asthme

Publié le 02/04/2012
1333378566338547_IMG_81296_HR.jpg

1333378566338547_IMG_81296_HR.jpg
Crédit photo : B. Pitard

Une équipe de l’Institut du Thorax (CNRS/INSERM/Université de Nantes) a imaginé une technique de vaccination basée sur l’ADN de la substance allergisante. « Plutôt que d’administrer des extraits d’allergènes de manière répétée afin de diminuer la sensibilité, nous avons travaillé à partir de séquences d’ADN spécifiques (de l’allergène) responsables de l’allergie, explique Bruno Pitard, directeur de l’équipe Innovations en biothérapie de l’Institut du Thorax. Quelques études ont montré le potentiel thérapeutique de cette stratégie mais il fallait trouver des techniques s’assurant de la faisabilité chez l’homme. »

Les chercheurs ont tenté de prouver l’efficacité de cette vaccination à base d’ADN contre l’allergène spécifique Derf1 ; en Europe, Derf1 est en effet un allergène très commun, véhiculé par l’acarien Dermatophagoides farinae. Plus de la moitié des patients allergiques aux acariens produisent des anticorps de type IgE spécifiques contre cette substance.

Ils ont associé, d’une part, des séquences génétiques « d’intérêt » de l’allergène Derf1 et, d’autre part, un nanovecteur constitué d’un polymère synthétique. Transportée dans les cellules musculaires par ce « taxi moléculaire », la séquence d’ADN a entraîné la synthèse protéique de l’allergène, ce qui a permis de moduler la réponse allergique aux acariens chez des animaux asthmatiques.

Ce vaccin, qui avait été mis au point dans un modèle de souris saines, a été optimisé dans un modèle de souris asthmatiques. Chez ces dernières, il déclenche la fabrication d’anticorps spécifiques anti-Derf1 ainsi qu’une réponse cellulaire spécifique de Derf1. Le système immunitaire est orienté vers une réponse non allergisante et protectrice quand l’allergène est rencontré. Après deux injections intramusculaires à trois semaines d’intervalle, on a observé une réduction significative de l’hypersensibilité des voies aériennes et des niveaux de cytokines inflammatoires.

Fanny Beilvert et coll. Human Gene Therapy, mars 2012.doi.org/10.1089/hum.2012.024.

 Dr EMMANUEL DE VIEL

Source : lequotidiendumedecin.fr