Un anticorps monoclonal inhibe la néovascularisation tumorale et rétinienne

Publié le 13/04/2011
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Crédit photo : © P. Le Bouteiller/INSERM

Une nouvelle piste dans la voie des traitements antiangiogéniques vient d’être testée par des chercheurs français CNRS/INSERM. Si les essais chez l’animal se confirment chez l’homme, elle pourrait être envisagée dans le traitement de tumeurs cancéreuses, mais aussi dans des pathologies rétiniennes. Seraient concernés au premier plan les patients résistants ou non-répondeurs aux antiangiogéniques actuels. Il s’agit de viser l’activité d’un récepteur, le CD160, situé sur l’endothélium des néo-vaisseaux, par l’intermédiaire d’un anticorps monoclonal, CL1-R2.

Les équipes de Philippe Bouteiller (Toulouse) et d’Armand Bensussan (Paris) ont identifié et caractérisé, voici quelques années, le récepteur CD160. Ils avaient constaté son expression sur les cellules endothéliales des néovaisseaux qui apparaissent au cours de la tumorogenèse, ainsi que son absence dans les vaisseaux des tissus sains. C’est ainsi qu’est né un anticorps monoclonal anti-CD160 dirigé contre ce récepteur dans le but d’inhiber la néovascularisation, le CL1-R2.

Puisque deux grands groupes d’affections connaissent une forte angiogenèse (cancer et pathologies rétiniennes, dont la DMLA), des tests ont été réalisés dans ces deux directions chez l’animal.

Tout d’abord, chez des souris ont été greffées des cellules de mélanome très agressif. Les rongeurs ont ensuite bénéficié d’un traitement à la fois par chimiothérapie classique et biothérapie avec l’anticorps monoclonal. Les équipes ont constaté une régression de la vascularisation intratumorale.

Au plan rétinien, des lapins et des souris ont fait l’objet des essais. Chez les premiers, un modèle de néovascularisation de la cornée a été créé. En médecine humaine, cette situation survient en cas de lésions cornéennes ou de rejet de greffon. Le CL1-R2, appliqué localement, a réduit la néovascularisation. Chez les souris, des modèles de rétinopathie avec prolifération vasculaire ont été créés (similaires aux rétinopathies du prématuré ou diabétique, à la DMLA). L’anticorps monoclonal a permis de normaliser la vascularisation rétinienne.

L’originalité de cette biothérapie par anticorps anti-CD160, expliquent les chercheurs, est de détruire les cellules endothéliales en phase de prolifération. Elle vise une cible différente des antiangiogéniques actuels.

« Journal of Experimental Medicine », édition avancée en ligne du 11 avril 2011.

Dr GUY BENZADON

Source : lequotidiendumedecin.fr