La complication principale la plus redoutée de l’insuffisance veineuse reste la thrombose veineuse profonde qui peut évoluer vers l’embolie pulmonaire pouvant menacer le pronostic vital. Les facteurs de risque de thrombose veineuse sont les hospitalisations, les interventions chirurgicales, les traumatismes et toutes les situations comportant des immobilisations qui sont des situations thrombogènes. Il faut aussi interroger la femme sur les antécédents familiaux ou personnels de thrombo-phlébite qui constituent autant de situations prédisposantes. Mais le risque n’est pas toujours là où l’on croit : « La grossesse doit aussi être considérée comme une sonnette d’alarme, surtout lors du troisième trimestre et en post-partum » explique le Dr Christian Gardon-Mollard (angiologue, Chamalières) qui ajoute : « La thrombose peut très bien survenir chez la jeune femme qui fume et prend la pilule ou en suites de couche et elle peut arriver chez les personnes en bonne santé ». Les voyages de longue durée en avion ou en car sont pourvoyeurs de thrombose veineuse chez les personnes en bonne santé. « Ce n’est pas rare dans ma consultation » souligne le spécialiste. En cas de voyage, il faut prescrire des chaussettes de contention si le vol dure de plus de trois heures. « Il est préférable de prendre des chaussettes de compression de stade II sous réserve qu’il n’y ait pas de veine dilatée au genou et dans le respect des contre-indications » a souligné le Dr Gardon-Mollard. En cas de varice près du genou, il faut opter pour des bas de contention qui évitent le pli au niveau du creux poplité. À la veille des vacances d’été, le spécialiste juge bon de rappeler quelques conseils : « il faut bouger les jambes, ne pas porter de vêtements serrés, éviter la déshydratation et ne pas boire d’alcool ». L’avancée en âge est déterminante. « Le risque est de 5 % après 70 ans et surtout s’il existe une baisse de la mobilité, une déshydratation, une malnutrition ou des comorbidités ».
Douleur sans cause évidente
Il est donc important d’être vigilant sur l’état veineux des patientes et de traiter les varices par chirurgie ou sclérothérapie car il ne faut pas laisser les veines se dilater sans réagir. « Chez quelqu’un qui a des varices, il faut surveiller l’état des jambes et faire un bilan par écho-Doppler tous les deux ans, voire tous les ans si la maladie veineuse est évoluée » a indiqué le Dr Gardon-Mollard. La suppression des varices superficielles passe par différentes techniques : le stripping (éveinage chirurgical), les techniques endovasculaires par laser ou par source thermique de vapeur. Les bilans de coagulation à la recherche d’un trouble transmissible de coagulation familial restent exceptionnels.
« Devant toute douleur suspecte des membres inférieurs ou après un traumatisme sur la jambe, il faut penser à une thrombose veineuse » a expliqué le spécialiste. « Il ne faut pas hésiter à demander un écho-Doppler. Il ne faut pas non plus prescrire une HBPM sans diagnostic de certitude de la thrombose veineuse car après mise en route de l’HBPM, on ne peut plus interpréter cet examen » a rappelé le spécialiste. Sur le plan médicamenteux, les veinotoniques sont encore largement prescrits : « ils ne sont plus remboursés mais sont encore demandés par les patients car ils agissent sur les symptômes douloureux » a noté le praticien. Les antithrombotiques sont indiqués lorsqu’une immobilisation est prévue (alitement, chirurgie).
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