Tabac : une baisse des ventes mais pas de la consommation

Publié le 10/07/2012
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Crédit photo : S. Toubon

Les livraisons de cigarettes effectuées chez les buralistes auraient diminué en France de 4,3 % sur la période octobre 2011/juin 2012, par rapport à la même période un an plus tôt, selon un porte-parole du fabricant British American Tobacco (BAT) cité par l’AFP. Dans son dernier tableau de bord mensuel des indicateurs du tabac, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) fait état d’une baisse analogue, de l’ordre de 4 % pour les ventes de cigarettes (à 21 556 millions d’unités) sur la période janvier à mai 2012 par rapport à 2011. Sur la même période, le prix de vente a progressé de 5,1 % (à 6,20 euros pour un paquet de 20 cigarettes).

Le seuil psychologique

Selon les professionnels de la filière, la dernière hausse de prix (+6 %, soit 30 centimes par paquet) intervenue en octobre dernier a fait passer la plupart des marques au-dessus de 6 euros le paquet, ce qui pourrait avoir joué un rôle de seuil psychologique chez certains fumeurs. Cette baisse des volumes achetés n’est toutefois pas nécessairement synonyme de baisse de la consommation. Les ventes de tabac à rouler ont ainsi augmenté en volume (+5,7 % à 3 476 de tonnes), et en valeur (+9 % à 7,80 euros pour un sachet de 40 g) sur un an d’après les chiffres de l’OFDT. Par ailleurs, selon un rapport de l’OFDT sur l’observation du marché illicite du tabac en France, « environ un cinquième des cigarettes consommées par les Français est désormais acheté sur le marché parallèle, en particulier dans des pays limitrophes ».

Des marchés parallèles

D’après cette étude, les achats de cigarettes hors réseau buraliste et transfrontaliers (en duty free, sur Internet et en contrebande hors transfrontalière) avoisineraient 3 850 tonnes, en 2010, soit 6 % de la consommation estimée. « Pour le tabac à rouler, le marché parallèle représenterait un volume presque aussi important que les ventes officielles (7 400 tonnes sur un total de 15 000 tonnes consommées), dont on ignore précisément la part imputable aux seuls achats transfrontaliers », indique le rapport. De fait, ces achats parallèles limitent mécaniquement les recettes fiscales attendues par le gouvernement via ces hausses de prix (90 millions d’euros pour 2011 et 600 millions pour 2012). Alors que le gouvernement a annoncé une nouvelle augmentation des prix du tabac en septembre de 6 %, BAT s’immisce aujourd’hui dans le débat public pour que soient revues « les réflexions habituelles en matière de recettes fiscales tabac ». En d’autres termes pour que la hausse de prix soit plus limitée dans un souci de meilleure tenue des profits de la filière tabac et des recettes fiscales de l’État.

DAVID BIHAUT

Source : lequotidiendumedecin.fr