« Sunshine Act » : 146 millions d’euros d’avantages versés aux professionnels de santé

Publié le 16/02/2015
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Crédit photo : : Phanie

Depuis l’entrée en vigueur en mai 2013 du décret appelé « Sunshine Act à la française », les industriels sont tenus de rendre publics sur la base de données gouvernementale tous les avantages de plus de dix euros consentis aux professionnels de santé, aux personnes morales ou aux étudiants. Tous, sauf ceux issus des conventions signées entre ces professionnels et les industriels. Ces conventions figurent sur le site, mais les montants n’en sont pas dévoilés, au nom du secret des affaires.

413 euros par généraliste en moyenne

Le cabinet de conseil « Salesway » a analysé les données publiées sur le site public des liens d’intérêt. Premier enseignement, 1 457 252 avantages ont été publiés sur le site gouvernemental au cours de la période allant de juillet 2013 à juin 2014, pour un montant total de 146 millions d’euros.

Les laboratoires pharmaceutiques sont les principaux fournisseurs de ces avantages avec 106 millions d’euros, loin devant les fabricants de dispositifs médicaux, avec 32 millions d’euros (le reste venant de « prestataires associés »).

Sur les 260 000 professionnels de santé qui ont perçu au moins un avantage (les paramédicaux sont aussi visés), les neurologues sont la spécialité médicale proportionnellement la plus rétribuée, avec un montant d’un peu plus de 1 400 euros par bénéficiaire. Suivent les cardiologues (1 200 euros), les chirurgiens (près de 800 euros), les psychiatres (584 euros) et les généralistes (413 euros).

La part de professionnels concernés par un avantage (sur la période) avoisine les 90 % en cardiologie, pneumologie, rhumatologie ou dermatologie. Mais elle chute à 50 % en psychiatrie pour n’atteindre que 19 % en médecine générale.

Dans plus de 50 % des cas, ces avantages concernent la prise en charge de frais liés à un congrès (transport, hébergement, nourriture). Un bon tiers des liens d’intérêt est enregistré sous la rubrique générique « relations publiques ». Enfin, environ 10 % des sommes versées correspondent à des « dons ».

L’affectation de ces sommes ne brille donc pas spécialement par sa transparence.

H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr