Suicide d’un gynéco accusé d’erreurs médicales

Publié le 02/10/2013

Un gynécologue-obstétricien de la Clinique de Montbéliard (Doubs) s’est suicidé par pendaison mardi 1er octobre à son domicile. Âgé de 60 ans, le praticien était mis en cause dans deux affaires d’erreurs médicales.

Dans un communiqué, la direction de la clinique et son propriétaire, le groupe Kapa Santé, ont exprimé leur soutien à la famille du médecin, rappelant qu’il exerçait dans cet établissement « depuis le 17 septembre 2007 ; il avait depuis 30 ans donné naissance à des milliers d’enfants, sans incident. » La clinique dénonce « l’acharnement médiatique à son encontre, et l’irresponsabilité de certains journalistes locaux » le mettant en cause.

Le médecin ne s’était pas rendu, le 24 septembre dernier, à une convocation au tribunal de Montbéliard en vue de sa mise en examen pour « blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de plus de trois mois » sur une patiente qu’il avait opérée pour une ablation de l’utérus (hystérectomie), a indiqué à l’AFP la procureure de Montbéliard Thérèse Brunisso.

L’enquête se poursuit

La patiente de 43 ans avait été victime de lésions à l’appareil urinaire durant l’opération menée en octobre 2010 à la Clinique de Montbéliard. « L’expertise et la contre expertise avaient conclu à la responsabilité de ce gynécologue et d’un urologue, qui est parti et n’exerce plus à la clinique », a précisé la procureure. Une information judiciaire avait été ouverte en 2011.

Le suicide du médecin, retrouvé pendu à son domicile de Dung (Doubs), intervient quelques jours après la publication dans les médias locaux du témoignage d’une autre de ses patientes, Sonia Guyon, 43 ans également, opérée en août 2013 pour une hystérectomie à la Clinique de Montbéliard.

Elle a également été victime d’importantes lésions à la vessie, ainsi que de la section d’un uretère. Son interruption temporaire de travail (ITT) a été estimée à 90 jours.

La victime a déposé plainte au commissariat de Montbéliard en septembre contre le praticien et l’établissement. L’action pénale contre le gynécologue s’éteint avec son décès, mais l’enquête se poursuit pour établir la responsabilité éventuelle de la clinique de Montbéliard, a précisé Mme Brunisso.

S. L. (AVEC AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr