Stratégie nationale de santé : Touraine ne livre pas ses intentions à la CSMF et MG France

Publié le 17/09/2013

Lundi soir, Marisol Touraine a reçu la CSMF et MG France, une semaine jour pour jour avant la remise officielle du rapport Cordier, socle de la stratégie nationale de santé.

Reçus une heure chacun, les représentants syndicaux sont restés sur leur faim.

« Marisol Touraine est restée très vague sur ses intentions, déplore le Dr Michel Chassang, président de la CSMF. Les premières bases jetées par la ministre vont dans le sens d’une action régionale renforcée, un travail entre professionnels de santé coordonné et une loi de santé publique élaborée en 2014. Rien de nouveau. Le débat va désormais se poursuivre dans les territoires et dans les régions. »

Le spectre du PLFSS

« Circonspect » au regard du « flou relatif » qui entoure toujours la stratégie nationale de santé, le Dr Chassang en a profité pour rappeler à Marisol Touraine les inquiétudes de la CSMF à l’approche de l’élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2014, notamment sur « les baisses d’honoraires des biologistes et des radiologues ». La « terrible complexité » des parcours de santé des personnes âgées à risque de perte d’autonomie (expérimentations PAERPA) et la généralisation du tiers payant qui, pour la CSMF, « semble impossible à mettre en œuvre d’un point de vue technique », ont aussi été évoquées.

Méfiance

Pour sa part, MG France n’a pas plus obtenu de gages ni de précisions de la part de la ministre. « Lundi prochain, nous espérons des annonces très claires en faveur des soins primaires et de la filière de médecine générale, en parfaite déshérence », insiste le Dr Claude Leicher.

MG France a milité auprès de Marisol Touraine en faveur d’une nouvelle contractualisation (hors cadre conventionnel) entre les agences régionales de santé (ARS) et les médecins généralistes, pour « redonner un rôle prépondérant » à ces derniers au sein du parcours de soins coordonné. Le Dr Leicher a rappelé tout l’intérêt qu’il porte à Asalée, protocole de coopération médecin-infirmier. « 200 équipes de professionnels attendent de rentrer dans ce protocole, affirme le Dr Leicher. Le directeur de cabinet Denis Morin et la ministre nous ont dit que cette expérimentation serait débloquée dans le cadre de la stratégie nationale de santé, mais nous sommes devenus très méfiants.Nous redoutons la bureaucratisation. »

 A. B.-I. .

Source : lequotidiendumedecin.fr