Stop au « Doc bashing » : le cri de détresse d’un généraliste contre les politiques

Par
Stéphane Long -
Publié le 06/04/2019
doc bashing

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Crédit photo : DR

Les médecins, boucs émissaires des politiques ? Le Dr Martin Ambroise veut en finir avec ce discours délétère à l'égard de la profession. Dans un texte qu’il a transmis au « Quotidien » (voir ci-dessous), le jeune généraliste dénonce l’attitude des responsables politiques prompts, dit-il, à « casser encore et toujours du médecin » en leur faisant porter la responsabilité des problèmes d’accès aux soins et des déserts médicaux. « C’est un cri de détresse. C’est ce que moi, médecin généraliste de 34 ans je ressens. Ce que ressent une partie de la profession. Arrêtez un peu de tout mettre sur notre dos ! », peste le Dr Ambroise.

Le médecin, adhérent UFML-S, a écrit ce texte après la polémique lancée par la députée de La France Insoumise, Caroline Fiat, auteure d’un amendement sur le conventionnement sélectif au mois de mars. Dans ce texte, elle assimilait la liberté d’installation à « une forme d’ingratitude corporatiste envers la collectivité ». La députée retirera son texte avant son examen en commission et s’excusera auprès des médecins pour ces propos. « Le mal est fait, regrette le Dr Ambroise. On nous renvoie sans cesse le serment d’Hippocrate à la figure, comme l’argument ultime, mais ce serment, qui a beaucoup d’importance à mes yeux, ne dit pas que je dois m’installer n’importe où ! ». Ce discours négatif ne fait pas que stigmatiser la profession, estime le généraliste, il détourne les jeunes médecins de l’exercice libéral, déjà mal en point.

Un corps de médecins fonctionnaires, chiche ?

Le Dr Ambroise ne rejette pas en bloc les propositions des responsables politiques. « Quand Jean-Luc Mélenchon propose un corps de médecins volontaires [10 000 médecins fonctionnaires, NDLR], je dis pourquoi pas ! Je suis favorable à ce qu’on diversifie les modes d’exercice », dit le médecin. Que pense-t-il de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn ? « Il y a une volonté de plus nous écouter que ses prédécesseurs et de se poser la question de comment on rend l’exercice libéral plus attractif », répond le médecin. Mais les solutions proposées ne sont que des demi-mesures, selon lui.

Le Dr Ambroise exerce actuellement au sein de SOS-21, une association de généralistes intervenant dans la région de Dijon. Envisage-t-il de s’installer dans un futur proche ? « C’était mon projet, mais je ne suis plus du tout sûr de le vouloir encore dans le contexte actuel », reconnaît le Dr Ambroise. « J’aime mon métier de médecin, je continue à dire que c’est un beau métier. J’aime moins ce qu’on lui réserve », dit-il, quelque peu amer.


Source : lequotidiendumedecin.fr