Cinéma
Le visage souriant de Ludivine Sagnier incarne « l'Année du cinéma 2003 ». Danièle Heymann, Isabelle Danel et Pierre Murat font le tour d'une saison cinématographique, de juillet 2002 à juin 2003, avec force photos et en n'hésitant jamais à dire tout le mal ou tout le bien qu'ils pensent d'un film.
Pour chaque trimestre ils ont choisi trois films phares, qui font l'objet d'une analyse détaillée à travers des extraits de presse. Quatre films français dans cette sélection, ce n'est pas si mal : « Etre et avoir » (Nicolas Philibert), « l'Homme du train » (Patrice Leconte), « Stupeur et tremblements » (Alain Corneau) et le franco-belgo-canadien d'animation « les Triplettes de Belleville ». Les films présentés à Cannes sont aussi à l'honneur, heureusement, sinon on se prendrait à douter des sélectionneurs de la première manifestation cinématographique mondiale : « le Pianiste » (Roman Polanski), « Ten » (Abbas Kiarostami), « l'Homme sans passé » (Aki Kaurismäki), « Ivre de femmes et de peinture » (Im Kwon-Taek) « Dogville » (Lars von Trier), sans oublier « Matrix Reloaded » (Andy et Larry Wachowski, présenté hors compétition) parce que la cinéphilie n'est pas toujours ennemie du succès. public. Restent deux excellents films anglo-saxons, « The Magdalene sisters » (Peter Mullan) et « Loin du paradis » (Todd Haynes).
Une couverture souple, un format réduit, des photos petites en noir et blanc, un film par page, le parti-pris de « L'Annuel du cinéma 2003 » est plus exhaustif et plus critique. Il réunit en fait les « Fiches du cinéma » qui paraissent chaque semaine, en l'occurrence celles des 498 films sortis en France en 2002. Une longue introduction s'attache à trouver des courants à travers l'abondante production cinématographique et retient en particulier
« la ré-appropriation du réel par le cinéma (réhabilitation du documentaire, débat sur la pornographie ou recherche formelle pure et dure) »et
« le réveil d'une conscience politique quelque peu endormie ». Chaque film est présenté avec un générique complet, un résumé critique de deux trois phrases, pour les pressés, un résumé de l'histoire en deux parties (si l'on n'a pas vu le film, on s'arrêtera à la fin de la première) et un commentaire sans complaisance. On feuillettera avec plaisir ces pages pour se souvenir des belles (et moins belles) choses cinématographiques de l'année dernière.
Pour se pencher plus encore sur le passé, voici un grand et bel album Larousse, cadeau de choix pour toute occasion festive, « le Cinéma français à travers 100 succès », réalisé par Bernard Chardère. Succès populaires et classiques cinéphiliques sont mêlés pour rendre hommage à la diversité du cinéma français, de « la Sortie des usines Lumière » au « Fabuleux Destin d'Amélie Poulain ». Deux pages pour chaque film, avec une grande photo et un texte présentant l'uvre dans son contexte historique, social et cinématographique, avec des extraits de critiques de l'époque. On apprendra ainsi que « la Grande Illusion » fut interdit sous l'Occupation ; que « le Petit Monde de Don Camillo », sorti en 1952, rassurait,
« dans l'ambiance des affrontements idéologico-politiques de la guerre froide » ;que Picasso apprécia beaucoup « la Fiancée du pirate » ; que le rôle de « la Reine Margot » valut à Adjani, aux Etats-Unis, le surnom de
« French Garbo »...
« L'Année du cinéma 2003 », Calmann-Lévy, 254 pages, 30,15 euros.
« L'Annuel du cinéma », Editions Les fiches du cinéma (tél. 01,42.36.20.70, 752 pages, 40 euros.
« Le Cinéma français à travers 100 succès », 240 pages, 40 euros.
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