Soins non programmés cinq fois par jour : comment les médecins libéraux relèvent le défi

Publié le 19/11/2014

L’Union régionale des professionnels de santé (URPS) de Franche-Comté a interrogé en juin dernier les 1 856 médecins libéraux au sujet de leur gestion des soins non programmés (ensemble des demandes de rendez-vous dans un délai d’une demi-journée en dehors des horaires de permanence de soins). 349 praticiens ont complété le questionnaire, dont 227 généralistes. Leur âge moyen est de 53 ans. 84,3 % des répondants exercent en secteur I.

En Franche-Comté, 99 % des généralistes et 90 % des spécialistes déclarent accepter de recevoir en urgence des patients. Ils gèrent en moyenne 5,4 demandes de consultations non programmées par jour (et même 6,6 pour les généralistes, soit environ le tiers des consultations du médecin de famille).

Seule une minorité de médecins (4,2 %) rejette toute demande de soins non programmés et un médecin sur dix en accepte plus de dix par jour. « C’est l’une des surprises de cette enquête, commente le Dr Christine Bertin-Belot, présidente de la branche « médecins » de l’URPS. La très grande majorité de professionnels accepte de recevoir des patients non programmés, en particulier les spécialistes, ce qui démonte quelques idées reçues. » Néanmoins, 59 % des professionnels (49 % des spécialistes, 64 % des généralistes) se voient dans l’obligation de refuser les soins en urgence au-delà d’un certain seuil.

Toutes spécialités confondues, le nombre moyen de refus pour une prise en charge le jour même est seulement de 1,75 patient par médecin, indique l’URPS.

Le conseil téléphonique omniprésent

Les médecins libéraux conseillent au téléphone en moyenne quatre patients par jour, révèle l’étude (90 % des généralistes sont concernés par cette activité). « Cela fait 7 500 conseils téléphoniques offerts tous les jours en Franche-Comté », calcule le Dr Bertin.

Sans surprise, la quasi-totalité des médecins s’organisent pour traiter l’urgence en cas d’absence pendant les heures d’ouverture du cabinet (avec parfois plusieurs solutions). Un sur deux mobilise son secrétariat téléphonique. Un sur deux renvoie la demande vers un associé ou remplaçant. À noter que 35 % d’entre eux restent joignables au téléphone (renvoi d’appel). 29 % utilisent un répondeur avec renvoi vers le 15 ou le 39 66. Et 95 % des médecins disent également s’organiser durant leurs congés par des moyens similaires.

Créneaux spécifiques

L’enquête régionale précise que 46 % des médecins réservent dans leur agenda des plages spécifiques pour l’urgence. Ce qui n’empêche pas 42 % d’entre eux de recevoir des patients non programmés supplémentaires en dehors de ces créneaux préférentiels. « Marisol Touraine parie sur les maisons de santé pluridisciplinaires et les services d’urgences hospitaliers pour gérer les soins non programmés, constate le Dr Bertin-Belot. C’est une prise en charge qu’assurent déjà, discrètement, les libéraux. »

Anne Bayle-Iniguez

Source : lequotidiendumedecin.fr