Six mois avec sursis pour non-assistance : un médecin régulateur voit sa peine confirmée en appel

Publié le 20/02/2013

Condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Bordeaux en janvier 2012 à six mois de prison avec sursis, le Dr Bernard Plédran, généraliste libéral et régulateur au SAMU, vient de voir sa peine confirmée le 24 janvier par la cour d’appel de Bordeaux.

Le 5 décembre 2007, le Dr Plédran, par ailleurs trésorier adjoint du syndicat MG France, reçoit l’appel d’une patiente âgée de 60 ans et souffrant d’obésité. Elle a appelé à plusieurs reprises le SAMU de Bordeaux pour de violentes douleurs au dos, sans succès. Induit en erreur par un précédent diagnostic du médecin traitant de la patiente (un déplacement cervical), le Dr Plédran lui conseille d’augmenter ses doses d’antidouleur. Au bout du 3e appel de la patiente, une ambulance est envoyée, mais trop tard.

Quarante-cinq minutes après son admission à l’hôpital, la patiente décède d’une rupture de l’aorte. La famille de la victime, jugeant que le praticien a tenu des propos déplacés à leur parente décédée, et qu’il ne lui a pas posé les questions pertinentes, porte plainte contre lui.

Plusieurs intervenants

Contacté par « Le Quotidien », le Dr Plédran donne sa version de l’affaire. « Aucun élément recueilli lors du premier appel de la patiente n’était inquiétant », plaide-t-il, ajoutant que « des mots ignobles » à l’égard de celle-ci lui avaient été attribués, alors qu’il assure ne pas les avoir prononcés.

« D’autres intervenants que moi ont eu cette dame au téléphone, précise-t-il, tant en amont qu’en aval de mes interventions, mais il n’y a que moi qui paye ». Le praticien affirme que, contrairement à ce qui a été dit, il a lui-même envoyé une ambulance au domicile de la dame, et que « les signes de gravité sont apparus dans une période intermédiaire » au cours de laquelle il ne l’a pas eu lui-même au téléphone.

Bernard Plédran fait également valoir qu’il a été jugé par la chambre disciplinaire régionale de l’Ordre des médecins, avant même le premier jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux. « L’Ordre n’a rien retenu contre moi et a qualifié la procédure de nulle et non avenue ». S’il « regrette beaucoup » l’enchaînement de circonstances qui a conduit à la mort de la patiente, le praticien déclare avoir sa conscience pour lui.

 H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr