Santé en Italie : le gouvernement serre la vis, les blouses blanches en émoi

Publié le 06/09/2012
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Crédit photo : AFP

Le décret sur la santé approuvé mercredi soir par le gouvernement Monti mécontente déjà une grande partie des blouses blanches italiennes. C’est notamment le cas des médecins du secteur hospitalier qui ne pourront plus exercer en parallèle dans des cabinets privés et des cliniques dès l’an prochain. Pour éviter les dérapages fiscaux, le gouvernement vient d’interdire par ailleurs le règlement des consultations privées en espèces.

Autre nouveauté : l’abolition des ordonnances rédigées à la main remplacées par des prescriptions électroniques qui devront être acheminées vers le centre de sécurité sociale d’appartenance du patient. Pour l’exécutif, cette mesure devrait décourager les médecins un peu trop laxistes en matière de prescriptions en introduisant un système de contrôle systématique.

Méga-centres régionaux

Mais le point essentiel de ce décret, concerne la création de « super-centres de santé régionaux ».

L’objectif du ministre de la Santé Renato Balduzzi est de désengorger les services d’urgences et les hôpitaux. Et d’offrir aux Italiens un service de permanence de soins efficace 24 heures sur 24, sept jours sur sept y compris les jours fériés. « Il faut instaurer un système d’alliance entre les assurés et les médecins de famille. Les patients doivent pouvoir consulter des médecins à toute heure » a expliqué le ministre de la Santé. D’où la création de ces centres où interviendront en alternance des « groupes de travail » composés une vingtaine de praticiens de toutes spécialités.

Chaque centre pourra traiter entre 20 et 30 000 personnes. Ils seront équipés d’instruments de base pour permettre au personnel médical, d’effectuer des premières analyses et des radiographies pour accélérer l’établissement de diagnostics.

Ressources rares

« Les coupes concernant la santé s’élèvent à 10 milliards d’euros d’ici 2014, il s’agit des mesures adoptées en raison de la situation économique italienne dramatique. Nous devons gérer au mieux les ressources restantes », a déclaré le ministre de la Santé Renato Balduzzi pour défendre son projet.

Pour protester contre une réforme qui risque d’aggraver des conditions de travail et de salaires déjà difficiles, certains médecins préparent déjà des barricades. La bataille promet d’être rude.

 ARIEL F. DUMONT À ROME

Source : lequotidiendumedecin.fr