ROSP : les jeunes généralistes s’estiment lésés et réclament des compensations

Publié le 07/05/2014
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Crédit photo : S. TOUBON

Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) conteste à son tour les modalités de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP), un système de paiement régulièrement jugé pénalisant pour les nouveaux installés.

À l’heure où les médecins libéraux perçoivent leur prime individuelle dans le cadre de la ROSP au titre de l’année 2013, le SNJMG fait valoir qu’« un groupe de médecins, les jeunes installés, n’a pas droit aux égards de la Sécurité sociale ». De fait, souligne le syndicat, les généralistes installés en 2012 (environ 900 médecins) et 2013 ne percevront, eux, leurs éventuels bonus 2012 et 2013 qu’à l’été 2014 au mieux, des retards jugés « discriminatoires et inacceptables ».

Erreurs

La question des délais de règlement n’est pas la seule difficulté identifiée. Le SNJMG dénonce des « approximations sur les bases de patientèle et des erreurs de calcul fréquentes à l’origine d’une exaspération croissante des jeunes installés », une critique récurrente que l’Assurance-maladie avait promis de prendre en compte en étudiant les cas individuels.

Depuis deux ans, le syndicat multiplie les piques contre ce système de paiement à la performance. Pour le SNJMG, la ROSP « mélange torchons et serviettes » (objectifs de santé publique, télétransmission et organisation du cabinet médical), repose sur un statut réglementaire « flou » et utilise des critères contestables (« les objectifs ne sont pas produits par des experts indépendants »).

Cinq fois moins que leurs aînés...

Proportionnelle à la taille de la patientèle, la ROSP serait surtout « par essence discriminatoire envers les jeunes médecins », qui se constituent progressivement leur clientèle, insiste le SNJMG. Les faits sont là : le montant de la ROSP 2013 des jeunes médecins installés depuis moins d’un an s’établit à 1 000 euros environ, contre 5 774 euros par généraliste en moyenne. En 2013, un avenant a modifié le mode de calcul pour ces jeunes installés en tenant compte notamment de leur patientèle à la fin de l’année (et non plus au début).

Le SNJMG réclame des mesures correctrices dont l’engagement de la Sécu de régler les jeunes installés « en même temps que les autres médecins », ou encore le calcul de la ROSP sur une base forfaitaire de 500 patients pour les cinq premières années d’installation. Plus généralement, le SNJMG appelle de ses vœux un secteur tarifaire unique revalorisé, la création d’un forfait structure (permettant l’emploi d’auxiliaires salariés) et surtout un forfait installation « destiné à accompagner les premières années d’exercice ».

Cyrille Dupuis

Source : lequotidiendumedecin.fr