Réquisitionnés « à tour de bras », les médecins de SOS s'apprêtent comme prévu à rejoindre la grève

Publié le 28/12/2014
1416327597564559_IMG_141499_HR.jpg

1416327597564559_IMG_141499_HR.jpg
Crédit photo : AFP

Alors que l’association d’urgentistes libéraux « SOS-Médecins » doit rejoindre demain, lundi 29 décembre, le mouvement de grogne du monde médical, toutes ses structures sont d'ores et déjà réquisitionnées pour faire face aux risques de pénurie et à l'afflux de patients aux urgences.

Le grève de SOS court de ce lundi 8 heures jusqu'à mercredi 31 décembre. Les réquisitions des quelque 1000 médecins de l'association, qui ne couvraient que des périodes de nuit (20 heures-8 heures), ont été étendues, a expliqué à l'AFP le Dr Dominique Ringard, son président : « Les 64 structures sont réquisitionnées : certaines en journée et la nuit, d'autres que la nuit. A Sens dans l'Yonne, SOS-Médecins a été réquisitionné du 23 décembre au 6 janvier. »

« On croule sous les appels »

Le Dr Ringard poursuit : « On est réquisitionnés à tour de bras. Les urgences sont, malgré ce que dit la ministre Marisol Touraine, hyper débordées » comme « à Doullens (Somme) où elles ont doublé leur activité » et « sont en saturation », ou à Beauvais, où le SAMU « a failli exploser samedi midi », tandis que celui de l'Oise « était au bord du gouffre ».
« On croule sous les appels, par exemple à Amiens, le lendemain de Noël on a eu 570 appels, on a vu 400 patients », assure le président de SOS-Médecins.


L'association est opposée à la généralisation du tiers payant. Elle fustige un projet de texte qui « aggrave encore les choses » en renforçant les « pouvoirs déjà énormes » accordés aux directeurs des agences régionales de santé.

Des coûts exorbitants

Actuellement, en Nord-Pas-de-Calais et Lorraine, « les directeurs d'ARS ont décidé qu'il n'y avait plus besoin de médecin libéral entre minuit et 8 heures, et que les gens devaient se rendre aux urgences. Donc pour un gamin qui a une otite à 2 heures du matin, il faudra aller attendre 4-5 heures aux urgences. Cette politique locale va contribuer à engorger encore plus les urgences pour n'importe quoi, et tout ça à des coûts exorbitants », déplore le médecin.


« Qu'on nous laisse travailler H 24 comme on le fait depuis 48 ans maintenant, y compris la nuit profonde : il y a des enfants à voir, des personnes âgées qui ont besoin de nous à leur chevet », plaide le Dr Ringard.

Avec AFP

Source : lequotidiendumedecin.fr