Rendez-vous médicaux payants en urgence ? L'offre est suspendue

Par Loan Tranthimy
Publié le 10/04/2019
- Mis à jour le 15/07/2019

Ce service d'un nouveau genre avait soulevé la polémique sur les réseaux sociaux. DoctoChrono, c'est le nom de cette société, se présentait comme « le premier service de conciergerie qui accélère l’organisation des rendez-vous et examens médicaux ». En contrepartie d'un paiement de 30 à 40 euros, la start-up promettait d'obtenir un rendez-vous très rapide pour un examen d'imagerie (IRM, scanner) ou auprès d'un spécialiste (ophtalmologie, urologie, dermatologie) « dans la journée ou en moins de 48 heures ».

Mardi soir, la société a décidé de suspendre son offre commerciale et son site. « Dans l’attente de l’étude des allégations sur l’activité de notre société, nous suspendons l’ensemble des services qu’elle propose ainsi que le fonctionnement du présent site », peut-on lire sur la page d'accueil, où les conditions générales de vente sont encore accessibles. 

« Borderline » pour l'UFML

Le Dr Jérôme Marty, président de l'UFML-Syndicat, a levé le lièvre, dénonçant une nouvelle « marchandisation » du soin. « C'est une sorte de marché noir, accuse même le généraliste de Fronton. C'est totalement borderline, face à une crise démographique majeure qui engendre déjà des inégalités d'accès aux soins, certains cherchent à profiter de la situation et vont creuser encore plus les inégalités ».

Il confirme ce mercredi au « Quotidien » avoir saisi l'Ordre des médecins. D'autres praticiens s'étaient étonnés de ce service payant, un questionnement aussitôt relayé par le délégué général au numérique du conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM).    

Dans la twittosphère, certains patients n'avaient pas caché leur exaspération.   

D'autres, à l'inverse, se montraient beaucoup plus ouverts. 

 

Avant de retirer son offre, la société avait expliqué être « un nouveau service au croisement de la conciergerie médicale et des sites de prise de rendez-vous en ligne ». Malgré nos relances, DoctoChrono a refusé pour l'instant de répondre à nos questions.


Source : lequotidiendumedecin.fr