Rapport ONUSIDA : 6,6 millions de personnes sous traitement

Publié le 21/11/2011
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Crédit photo : © AFP

« Même dans une crise financière très difficile, les pays obtiennent des résultats dans le domaine de la riposte au sida », a déclaré Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA, en présentant le rapport annuel. À la fin de 2010, le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde était estimé à 34 millions, soit une hausse de 17 % par rapport à 2001 et un niveau jusque-là jamais atteint, qui s’explique essentiellement par un meilleur accès aux traitements. « Les gens vivent plus longtemps et les décès dus au sida chutent », souligne l’ONUSIDA. Le nombre de morts est passé de 2,2 millions en 2005 à 1,8 million en 2010. La couverture par les antirétroviraux progresse, avec une hausse de 20 % entre 2009 et 2010. Le nombre de personnes bénéficiant désormais d’un traitement dans les pays à revenu faible et intermédiaire est estimé à 6,6 millions, 1,35 million de plus qu’en 2009. Et à la fin de 2010, 47 % des 14,2 millions de personnes éligibles au traitement recevaient des antirétroviraux (39 % en 2009).

Les antirétroviraux sont la clé.

« Le traitement antirétroviral est la clé d’une accélération du progrès », estime l’ONUSIDA. La baisse des nouvelles infections induite par les programmes de prévention et les changements de comportements sexuels est suivie d’une stabilisation de ces nouvelles infections, souvent à des niveaux élevés. « Les preuves récentes suggèrent que cet effet de plateau peut être brisé par les bénéfices préventifs supplémentaires d’une couverture de soins plus intensive », souligne le rapport. L’exemple du Botswana est, de ce point de vue, significatif. La couverture est passée de moins de 5 % en 2000 à plus de 80 % en 2009 et le nombre des nouvelles infections a chuté de plus de deux tiers depuis la fin des années 1990.

Au niveau mondial, le taux annuel de nouvelles infections a baissé de 21 % entre 1997 et 2010 et de 15 % en dix ans. Quelque 2,7 millions de personnes ont été nouvellement infectées en 2010, dont encore 390 000 enfants. « Coupler l’accès au traitement avec une combinaison d’options préventives fait baisser le taux de nouvelles infections à VIH vers des niveaux records », poursuit l’organisation. L’ONUSIDA cite la mise à disposition des tests de dépistage rapide ou encore la circoncision médicale, comme au Kenya. « On estime que 20 millions d’hommes doivent encore être circoncis en Afrique du sud et de l’Est pour que toute la population bénéficie de la prévention. Si cet objectif est atteint, près de 3,4 millions de nouvelles infections à VIH seront évitées d’ici à 2015 », insiste l’ONUSIDA.

En dépit des progrès, « l’épidémie n’est pas terminée », souligne l’ONUSIDA. Pour atteindre l’objectif de « Zéro », les États membres des Nations unies se sont mis d’accord pour un élargissement du financement à 22-24 milliards de dollars par an. À la fin de 2010, environ 15 milliards étaient disponibles, l’aide internationale étant passé de 8,7 milliards à 7,6 milliards (moins 10 %). Réagissant aux résultats publiés par l’ONUSIDA, l’association One, cofondée par Bono, estime que les progrès sont significatifs mais qu’ils sont aussi « un cri d’alarme » : « 1,4 million de personnes supplémentaires ont pu bénéficier de traitements contre le sida (...) Mais plus de 7 millions de personnes sont toujours en attente de traitement et les chiffres des nouvelles infections ne déclinent pas. »

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE

Source : lequotidiendumedecin.fr