Protocoles de coopération, droit de prescription : l’Ordre des infirmiers à l’offensive

Publié le 05/07/2013
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Crédit photo : S. TOUBON

Le jeune Ordre national des infirmiers a souligné l’intérêt des nouveaux protocoles de coopération entre professionnels de santé, lors d’un point presse à, Paris. « Les protocoles de coopération sont une chance pour les infirmiers, s’est enthousiasmé Didier Borniche, président de l’Ordre. Ils aident à rendre la profession plus attractive et offrent des perspectives d’évolution de carrière nouvelles. »

Autorisés par l’article 51 de la loi Bachelot, ces protocoles (rares au demeurant) permettent la mise en place, à titre dérogatoire et à l’initiative des professionnels sur le terrain, de transferts d’actes ou d’activités de soins.

Très favorable au dispositif, l’Ordre des infirmiers a toutefois appelé les pouvoirs publics à « plus de clarté » sur « la formation, l’évaluation et la rémunération » des professionnels amenés à exercer de nouvelles prérogatives. « Toute tâche nouvelle doit se traduire par une ligne supplémentaire à la fin du mois », a exhorté Didier Borniche, soucieux que les infirmiers ne soient pas perçus comme « un simple moyen de pallier les problèmes démographiques des déserts médicaux ».

Réaliser davantage d’actes.

Autre cheval de bataille de l’Ordre infirmier : l’extension du droit de prescription aux infirmiers libéraux, « qui existe [depuis mars 2012, selon certains critères et sous l’autorité d’un médecin], mais de manière insuffisante », aux dires de Didier Borniche. « Nous sommes capables de vacciner au domicile des patients », a-t-il déclaré.

L’Ordre déplore par ailleurs le « mode de fonctionnement dégradé » de certains établissements, où les infirmières salariées « exercent certains actes de manière officieuse » à la place des praticiens hospitaliers.

Pour y remédier, l’Ordre souhaiterait « donner un formalisme juridique à la profession » par la création de nouveaux métiers intermédiaires et la possibilité de réaliser plus d’actes, notamment en matière de vaccination et de prise en charge de la douleur. « Le problème, c’est qu’on touche aux prérogatives des autres », admet Didier Borniche. Sous-entendu les médecins. Et d’encourager les deux professions à « la coopération, l’écoute et la discussion. »

Avec 137 026 inscrits (52 % de salariés, 48 % de libéraux), l’Ordre des infirmiers est le second ordre professionnel de France, après celui des médecins.

 ANNE BAYLE-INIGUEZ

Source : lequotidiendumedecin.fr