Procès des « bébés volés » du franquisme : un vieil obstétricien sur le banc des accusés

Par
Pascal Thomeret -
Publié le 26/06/2018

Premier à s'asseoir sur le banc des accusés du « procès des bébés volés » du franquisme (1939-1975), qui s'ouvre ce mardi à Madrid, Eduardo Vela, un ex-obstétricien de 85 ans à la clinique San Ramon de Madrid, est aussi le premier à avoir été interrogé.

Le procès des « bébés volés » du franquisme s'ouvre des décennies après les premières révélations sur ce scandale de nouveau-nés soustraits à leur mère et confiés à des familles d'adoption sous le régime du général Franco. Des dizaines de milliers de bébés, selon les associations, déclarés morts à leurs parents après l'accouchement sans qu'on leur en fournisse la preuve et adoptés par des couples stériles, de préférence proches du régime « national-catholique ». 

Dénoncé depuis longtemps par la presse et des associations et au témoignage de la mère adoptive d'Inès Madrigal, Inès Pérez, décédée aujourd'hui, l'octogénaire est accusé par Inès Madrigal, de l'avoir séparée de sa mère biologique et d'avoir falsifié son acte de naissance en juin 1969. 

La mère d'Inès Madrigal, qui ne pouvait pas avoir d'enfant, avait confié que le médecin lui avait proposé un bébé avant de lui demander de simuler une grossesse pour la déclarer comme mère biologique du nouveau-né. Acclamée par une cinquantaine de personnes brandissant des pancartes réclamant « justice », elle a souligné que ce procès n'était pas juste le sien. « Il va au-delà », a-t-elle déclaré car désormais « tout le monde sait que des enfants ont été volés dans ce pays ».

Le procès reprendra mercredi pour un deuxième et dernier jour d'audience. Aucune date n'a été fixée pour l'annonce du verdict. Le parquet a réclamé onze ans de prison à l'encontre du médecin.

Avec AFP


Source : lequotidiendumedecin.fr