Une nouvelle société savante

Pour rassembler tous les néphrologues

Publié le 14/04/2016
- Mis à jour le 04/05/2016
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Crédit photo : PHANIE

C’est en janvier dernier qu’est née officiellement la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT). Une toute nouvelle société savante destinée à rassembler tous les néphrologues. La SFNDT a été créée à partir de la fusion de la Société de néphrologie et la Société francophone de dialyse. « Chacune de ces deux sociétés savantes avaient son histoire », explique le Pr Christian Combe, président de la SFNDT. « La Société de néphrologie a été fondée en 1959 par les grands anciens de la spécialité en particulier le Pr Jean Hamburger. La Société francophone de dialyse, elle, a vu le jour en 1993 à l’initiative de confrères qui estimaient que les néphrologues universitaires ne s’intéressaient pas suffisamment à la dialyse. Ces universitaires avaient un intérêt pour la physiologie, la néphrologie, la transplantation mais très peu pour la dialyse. Et cette société savante s’est créée car ses fondateurs considéraient qu’il y avait tout un travail académique à faire sur la dialyse », explique le Pr Combe.

Pendant des années, la spécialité a été traversée par des « querelles de chapelle » puis, peu à peu, le climat a fini par s’apaiser. « Au terme d’une longue réflexion, chacun a convenu qu’il était souhaitable de rassembler tous les néphrologues. Nous ne sommes déjà pas très nombreux en France et nous n’avons aucun intérêt à être divisés. En outre, ces querelles autour de la dialyse ou de la transplantation n’ont aucun sens. Dans le parcours d’un patient en insuffisance rénale, il y a différentes étapes. Si un patient n’a pas de contre-indication, il pourra être greffé. Et il pourra vivre avec son greffon pendant 20 ou 25 ans. Et ensuite, peut-être devra-t-il passer par la dialyse avant, peut-être, de bénéficier d’une nouvelle transplantation. Cela ne sert donc à rien d’opposer ces techniques qui peuvent être utiles à différentes étapes de la vie du patient », indique le Pr Combe, en précisant que la SFNDT veillera à préserver les acquis de chacune des deux anciennes sociétés savantes.

La SFNDT compte ainsi trois vice-présidents, le Pr Gabriel Choukroun (CHU d’Amiens) ainsi qu’un vice-président dialyse, le Pr Philippe Brunet (CHU de Marseille) et un vice-président transplantation, le Pr Bruno Moulin (CHU de Strasbourg). « C’est important que nos tutelles puissent avoir des interlocuteurs qui connaissent très bien ces deux domaines très spécifiques », précise le Pr Combe.

La nouvelle société savante entend avoir un large rayonnement francophone. « Nous souhaitons ainsi rassembler nos collègues belges, suisses et bien sûr africains. Et nous souhaitons pouvoir aider les néphrologues des pays d’Afrique francophone pour monter des centres de transplantation ou de dialyse », indique le Pr Combe.

La SFNDT souhaite aussi travailler en bonne harmonie avec le Conseil national professionnel (CNP) de néphrologie, chargé notamment de mettre en œuvre le Développement professionnel continu (DPC). « En principe, la société savante devrait avoir deux sièges au sein du conseil d’administration puisqu’elle est issue de la fusion de deux structures. Et je suis certain que nous fonctionnerons en bonne intelligence avec le CNP », indique le Pr Combe.

 

Une réponse au rapport de la Cour des comptes

 

L’objectif de SFNDT est de faire entendre sa voix dans toutes les grandes actualités concernant la néphrologie. Et elle ne compte pas rester silencieuse face au récent rapport de la Cour des comptes. « Nous préparons une réponse détaillée à ce rapport. En attendant, je m’étonne que la Cour vienne reprocher aux néphrologues de s’adapter à un mode de financement qui leur est imposé. Quand j’ai été auditionné par la Cour, j’ai expliqué qu’il n’y avait aucun financement en France pour vraiment ralentir la progression de la maladie rénale chronique. Prenez le cas d’un diabétique de type 2 avec une pathologie rénale chronique. Pour ralentir la progression de cette pathologie, il faut prendre du temps, pour arriver à convaincre ce patient de perdre du poids, de faire de l’activité physique, de s’arrêter de fumer, de manger moins de gras et de protéines et davantage de fibres. Mais pour que cela réussisse, il faut réunir autour du patient toute une équipe avec un néphrologue, un diabétologue, une infirmière d’éducation thérapeutique, une psychologue, une diététicienne, un spécialiste de l’activité physique adaptée… Mais malheureusement, il n’existe pas de financement pour mener ce travail de prévention. Et une de mes priorités lors de mon mandat sera de lancer une réflexion sur les modes de financement dans notre spécialité », indique le Pr Combe.

D’après un entretien avec le Pr Christian Combe, (CHU Pellegrin, Bordeaux), président de la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT)