Pour la première fois en France, deux cœurs ont été greffés sans cesser de battre

Par Damien Coulomb
Publié le 24/05/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
Organ Car System

Organ Car System
Crédit photo : Transmedics

À l’Institut Cœur Poumon du CHRU de Lille, deux patients ont, pour la première fois en France, bénéficié d'une greffe d'un cœur qui n'a pas cessé de battre entre le moment du prélèvement et celui de la greffe. Cette performance a été rendue possible par l'utilisation de l'Organ Car System, un boîtier qui permet d’isoler et de perfuser le greffon pendant son transport.

Cette technique, dite « cœur isolé perfusé », a déjà été employée dans plusieurs pays, dont les États-Unis et l'Australie. En France, le premier a été greffé en avril 2019, et le second en mai.

Une greffe possible jusqu'à 6 heures après le prélèvement

Une fois placé dans le boîtier, le cœur est perfusé en sang oxygéné. Le système tire partie de la capacité du cœur à battre de façon autonome. Les chances de conservation sont meilleures qu'avec la technique classique de conservation du cœur en arrêt dans de la glace. Autre avantage de ce dispositif : l’équipe de prélèvement d’organe a la possibilité d’évaluer la qualité du cœur tout au long du transport. En outre, la durée maximale de conservation du greffon passe de 4 heures avec la conservation dans la glace, à plus de 6 heures.

L'Organ Car System ouvre la voie à un nouveau type de donneur dit « à cœur arrêté », et donc à une possible augmentation du nombre de greffes cardiaques réussies, un argument important alors que la France compte deux receveurs sur liste d'attente pour un donneur. Selon les experts de l'institut Cœur Poumon, « l’Angleterre a augmenté son nombre de transplantations cardiaques de 30 % grâce à l’utilisation de ce type de technique ».

Nouvelle en France, cette technique est coûteuse et non remboursée. Pour ces deux greffes, le CHRU de Lille n'a pas acheté cette machine mais en a payé l'utilisation, environ 30 000 euros par greffe, via son Budget pour l’innovation.


Source : lequotidiendumedecin.fr