Pour doper l'automédication, les industriels veulent promouvoir un « parcours pharmaceutique »

Par
Loan Tranthimy -
Publié le 05/02/2019
automedication

automedication
Crédit photo : PHANIE

Pour la deuxième année consécutive, le marché de l'automédication responsable est en décroissance. Selon le 17e baromètre de l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa), la vente des médicaments à prescription médicale facultative (PMF) recule de 4,6 % par rapport à 2017, soit un repli de 102 millions d'euros, sur un marché de l'automédication qui représente 2,1 milliards d'euros.

Cette baisse est particulièrement marquée pour plusieurs catégories de produits : médicaments destinés aux voies respiratoires (- 44 millions d'euros, - 9,1 %), produits antalgiques (- 31 millions d'euros, - 6,6 %) mais aussi médicaments anti-tabac (- 5 millions d'euros) ou liés à la circulation (- 6 millions).

Pour expliquer ce repli, les industriels du secteur avancent plusieurs raisons : la décision gouvernementale de « relister » certains médicaments à base de codéine ou de pseudo-éphédrine, le décalage de l'épisode grippal en début de l'année 2019 et son intensité moindre. S'y ajoutent d'autres facteurs comme la concentration du parc officinal, « l'érosion chronique du trafic en officine », l'émergence de nouveaux acteurs de distribution de produits de santé et un mode de consommation s'orientant vers des produits « naturels » (aromathérapie, micronutrition).

Face à ce marché en perte de vitesse, le nouveau président de l'Afipa, Franck Leyze (Sanofi), ne cache pas sa déception d'autant que d'autres pays font beaucoup mieux dans ce domaine. « Le marché de l'automédication en France est sous-développé par rapport à d'autres pays européens », explique-t-il. De fait, l'automédication représente en France 12,9 % de la part de marché total des médicaments, loin derrière les taux du Royaume-Uni (51 %) et de l'Allemagne (41,9 %).

Développer le rôle du pharmacien

Pour y remédier, l'association souhaite promouvoir un véritable « parcours d'automédication pharmaceutique » basé sur l'accompagnement renforcé du patient par le pharmacien. Ce parcours d'automédication, présenté comme la « première étape » du parcours de soins, consiste en « un encadrement des médicaments destinés à l'automédication au moment de leur délivrance au comptoir ». « Nous avons travaillé avec les sociétés savantes pharmaceutiques sur les arbres décisionnels et les protocoles de conseil au comptoir », assure Franck Leyze. 

Un projet pilote pour deux pathologies bénignes (maux de gorge et antalgie) doit être présenté dans « la première partie de l'année ». « Nous savons que 63 % des généralistes considèrent que le développement de l'automédication leur permettrait de se concentrer sur les pathologies plus graves et de désengorger les cabinets », argumente le président de l'Afipa.

Dans le cadre de ce parcours, l'association souhaite une « incitation » pour que les officinaux inscrivent leur délivrance dans le dossier pharmaceutique et le DMP, favorisant l'information des médecins.


Source : lequotidiendumedecin.fr