Pilules 3e et 4e générations : les ventes ont baissé de 23% en janvier

Publié le 25/02/2013
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Crédit photo : S. Toubon

Les effets de la crise des pilules de dernière génération ne se sont pas fait attendre. Selon les chiffres de l’ANSM communiqués ce 25 février, la vente des pilules de 3e et 4e générations a baissé de 23% en janvier 2013 par rapport à l’année dernière sur la même période. Cette baisse s’est accompagnée d’un report sur les pilules de 2e génération dont les ventes ont, elles, augmenté de 16%.

Alors que l’ANSM avait rappelé ses recommandations de ne prescrire qu’en deuxième intention dans une mise en garde adressée aux prescripteurs fin décembre 2012, Dominique Maraninchi, directeur général de l’agence, se déclare satisfait de ce mouvement « largement amorcé et (qui) devrait se poursuivre dans les semaines et mois à venir ».

Malgré tout, l’agence constate que le report n’est pas total avec une baisse de l’ordre de 3,5% de l’ensemble des ventes de contraceptifs oraux combinés (COC), toutes générations confondues. Les données du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens (CNOP) pointent un phénomène qui n’est pas sans poser question : le report pourrait être différent selon les tranches d’âge, avec en particulier des jeunes femmes âgées de 15-24 ans qui seraient plus enclines à abandonner les COC.

Dix fois plus de notifications

Le nombre de notifications concernant les pilules toutes générations a été multiplié par plus de 10 depuis le début de la « crise pilule ». « Entre le 4 et le 31 janvier 2013, 36 nouveaux cas ont été déclarés, précise Dominique Maraninchi. Parmi eux, 31 concernaient des épisodes thrombotiques veineux et 5 des thromboses artérielles : 5 pour les 2e générations, 24 pour les 3e générations et 7 pour les 4e générations. Le plus remarquable est que 21 de ces cas étaient de survenue récente, datant de moins de 3 mois. Pour comparaison, entre 1985 et 2012, 567 événements avaient été rapportés, soit environ 20 cas/an. »

Malgré cet afflux de notifications, l’agence rappelle les insuffisances de la pharmaco-vigilance dont le rôle est de sonner l’alerte et dit attendre beaucoup des études de pharmaco-épidémiologie « en vie réelle » sur les bases SNIIRAM (CNAMTS) et PMSI, dont les résultats devraient être communiqués dans le prochain point d’actualisation d’ici 1 mois.

> Dr IRÈNE DROGOU

Source : lequotidiendumedecin.fr