Pour le nouveau gouvernement, cette grève devrait être son baptême du feu avec les médecins. Du moins une partie d’entre eux. À partir de lundi, un blocage des hôpitaux et des cliniques est en effet brandi par les chirurgiens du Bloc et par les internes de spécialité. Les deux mouvements sont distincts, mais leur simultanéité complique un peu les choses pour les pouvoirs publics. Le ministère de la Santé va devoir avoir l’œil sur le second, car ces jeunes pousses de la médecine – Roselyne Bachelot l’a constaté à ses dépens en 2007 – savent commencer une grève mais plus difficilement l’arrêter... Et ils ont pour eux d’être les chouchous d’une opinion publique parfois moins tendres avec leurs aînés…
Pour autant, la grève du 12 novembre que ses animateurs présentent comme « illimitée » va-t-elle durer et se révéler contagieuse ? Parions que non. D’abord parce qu’à la veille de la mobilisation, la médecine spécialisée est loin d’être unanime. Ensuite parce que les revendications des protestataires manquent de lisibilité. Ils dénoncent le plafonnement des dépassements et le nouvel arsenal de sanctions des abus ? L’argument sonne creux, alors même que, de l’avis général, le flou entourant la régulation du secteur 2 est le principal défaut de cet avenant n° 8. Dans la convention comme dans la législation, on ne trouvera pas davantage trace de menaces à la liberté d’installation, elles aussi agitées par les mécontents. Reste l’insuffisance et les incertitudes du calendrier des revalorisations, qu’ils avancent aussi : difficilement audible en pleine crise…
Dans ces conditions, le ralliement de la FMF au mouvement et, a fortiori, celui des jeunes généralistes du SNJMG étonne un peu. On dira que le président de la FMF n’a guère le choix et qu’il agit sous la pression de « ses » spécialistes. Et on relèvera aussi que celui du SNJMG avance des motifs spécifiques touchant au temps de travail des internes. Pour autant que vont-ils faire dans cette galère, sollicitant les
généralistes pour un combat qui, clairement, ne concerne pas la médecine générale ? On n’imagine pas une seconde les médecins de famille arrêter le travail lundi et rejoindre mercredi la manif de « médecins pigeons », dont le principal combat est de défendre une liberté totale d’honoraires, que les généralistes dans leur immense majorité récusent.
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