Pesticides : des victimes manifestent en faveur d’un classement en maladie professionnelle

Publié le 27/02/2012

Agriculteurs malades, veuves d’agriculteurs, dockers, et employés d’entreprises agroalimentaires... Une vingtaine de personnes, selon l’AFP, une centaine, selon la Confédération paysanne, ont manifesté ce lundi devant le stand de l’Union des industries de la protection des plantes, représentant des pesticides, au salon de l’agriculture. Souffrant de maladies, selon eux, dues aux pesticides, ces manifestants demandent le classement de ces affections en maladies professionnelles et le retrait des produits dangereux.

« L’objectif est de montrer qu’il y a plus de victimes que ce que l’on pense », a expliqué Paul François, président de l’association Phyto-Victimes. Cet agriculteur charentais, qui a dû cesser son activité pendant un an suite à une intoxication à l’herbicide, a déjà obtenu de la justice le 13 février dernier, la reconnaissance de la responsabilité du leader mondial de l’agrochimie, Monsanto. Une première judiciaire en France.

« Il est urgent de s’engager sur la voie de la réduction de l’utilisation des pesticides, dont la consommation a augmenté de 3 % depuis 2008 alors que l’objectif est de la réduire de 50 % d’ici à 2018 », a de son côté déclaré la Confédération paysanne.

« Il y a une omertà chez les médecins et les agriculteurs », dénonce Jacky Ferrand, un viticulteur qui a perdu son fils de 41 ans, également viticulteur, d’un cancer de la vessie. « Nous ne voulons pas mettre les paysans les uns contre les autres : ceux qui font du productivisme sont victimes, on a joué aux apprentis sorciers pendant des années », poursuit-il.

Jusqu’à présent, la Mutuelle sociale agricole (MSA) n’a reconnu, selon Phyto-victimes, qu’une petite cinquantaine de cas de maladies professionnelles en lien avec les pesticides. Une délégation de 4 victimes de pesticides a pu s’entretenir avec le ministre de l’Agriculture Bruno Lemaire, qui se serait engagé à demander la révision des tableaux de maladies professionnelles et à interpeller la MSA sur le sujet. Une réunion avec le cabinet de François Fillon sera organisée « dans la semaine », a indiqué un de ses membres présent lundi sur le salon.

C. G.

Source : lequotidiendumedecin.fr