PDS : les nouveaux secteurs de garde font tousser les praticiens dans le Nord et le Pas-de-Calais

Par
Sophie Martos -
Publié le 09/11/2018
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Crédit photo : S. Toubon

La permanence des soins ambulatoire (PDS-A) fait peau neuve dans les Hauts-de-France. Depuis le 1er novembre, un nouveau découpage des secteurs de garde a été mis en place mais il suscite des interrogations, et parfois de la colère, sur la faisabilité de cette réorganisation territoriale.

Ce changement de cap était nécessaire, plaide l'agence régionale de santé (ARS). « Par manque de médecins volontaires, ce service n'était plus ou était moins bien assuré dans certains territoires du Nord et du Pas-de-Calais », explique-t-elle dans un communiqué.

L'ARS, les conseils départementaux de l'Ordre des médecins, l'Union régionale des professionnels de santé (URPS), les SAMU et associations de médecins régulateurs libéraux, les fédérations hospitalières publiques et privées, et France Assos Santé se sont réunis plusieurs fois au cours des derniers mois pour trouver un compromis.

Réduction du nombre de secteurs

Résultat, le nombre de secteurs a été fortement réduit passant de 150 à 96 au 1er novembre. Les départements du Nord et du Pas-de-Calais ont divisé par deux le nombre de leurs zones de garde. « Il y a eu une extension géographique des secteurs dans un budget contraint », souligne le Dr Pierre-Marie Coquet, généraliste à Maubeuge et responsable du pôle offre de soins au sein de l’URPS médecins libéraux des Hauts-de-France.

Les horaires de PDS restent les mêmes. Les patients ont accès à un médecin de garde de 20 h à minuit les soirs de semaine, de 12 h à minuit les samedis et de 8 h à minuit les dimanches et jours fériés dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Des gardes sont également assurées de minuit à 8 h dans le département du Nord, de l'Aisne et de la Somme.

Tarifs des astreintes doublés

Afin d'harmoniser les montants d'indemnisation des astreintes avec les anciens départements de l'ex-Picardie, l'ARS a multiplié par deux le précédent tarif. Ainsi, un médecin de permanence empochera 100 euros pour une astreinte de 20 h à minuit en semaine, 300 euros de 12 h à minuit le samedi et 400 euros de 8 h à minuit le dimanche/jours fériés. Les majorations spécifiques s'appliquent toujours.

Si ce signal financier est positif, il ne correspond pas aux revendications. « Le prix de l'astreinte n'est pas le critère décisif, poursuit le Dr Coquet. Ce qui est important c'est la faisabilité sur le terrain », de la PDSA dans les secteurs élargis. « Si on veut assurer une PDS digne de ce nom, il faut mettre le paquet et ce n'est pas 50 euros de plus qui changeront quelque chose », abonde le Dr Fabrice Patte, délégué régional de MG France et président du secteur d'Arras dans le Pas-de-Calais.

Visite compromise

De fait, la taille des nouvelles zones de garde inquiète particulièrement les médecins. « On est passé de 52 secteurs à 27 dans le Pas-de-Calais, beaucoup sont de très grands secteurs, cela remet en question la possibilité pour les effecteurs de réaliser des visites du fait de l'accroissement des distances », illustre le Dr Patte. Une expérimentation de visite a été lancée dans 12 grands territoires du Nord. Un médecin mobile assurera les déplacements et doublera le médecin de permanence. 

D'autres incompréhensions existent comme la gestion téléphonique de la régulation et le manque de concertation avant cette refonte des gardes. Dans une lettre à l'ARS, l'URPS juge inacceptable le calendrier de la concertation. Il « n'a pas permis d'étudier toutes les dimensions de la PDSA comme les visites incompressibles ou les maisons médicales de garde », peut-on lire. Contactée, l'ARS n'a pas souhaité donner suite à nos questions.


Source : lequotidiendumedecin.fr